mardi 25 juin 2013

Duel de 2009´s

2009 est considéré comme étant un grand millésime au sens où c'est un millésime très chaud et surtout très sec. En pratique, les 2009 sont rarement à mon goût. Je les trouve souvent un peu lourds avec des arômes cuits voir caramélisés. Néanmoins, j'en ai un peu en cave et de temps en temps, il faut bien en boire. Les circonstances font que ce soir j'ai l'occasion d'en comparer deux issus de régions très voisines et de prix similaires.
À ma gauche le Côté de Rhône du domaine Jamet issus de vignes de syrah proches de celles de Côte Rôtie. Ce vin est d'ailleurs considéré comme une alternative intéressante à cette appellation si chère dont les frères Jamet sont parmi les plus illustres représentants. Voilà donc un vin de référence pour tous les amateurs avertis.
À ma droite La Souteronne d'Hervé Souhaut, vin issu du cépage gamay non loin de la colline de l'Hermitage (plus au sud que la Côte Rôtie) mais à plus haute altitude en Ardèche. Pour moi ce vin est une autre référence plus typé Rhône Nord que gamay.
Dès l'ouverture le nez du Jamet est explosif sur de notes puissantes de mûres confites, de cassis, de pivoine, de caramel. Comparativement le nez du Souhaut semble bien discret; il faut y revenir pour apprécier ses notes de fruits rouges et noirs, de menthol, de réglisse.
La bouche du Jamet est remarquable par la douceur de sa texture. La contre partie est que l'ensemble m'apparaît manquer un peu de peps; c'est un peu crémeux. Mais au même titre que le nez, les arômes en bouche sont très puissants sans pour autant être envahissants.
Par comparaison le Souhaut semble plus frais alors que la température est identique. Le vin est plus en longueur avec plus de fruit et au final plus de gourmandise. Dans cette bouteille, contrairement à l'autre, il est difficile d'identifier le millésime. Mon goût me porte plus vers cette bouteille même si le Jamet est agréable dans un style un peu extrême.
À table, la puissance du Jamet s'accorde bien avec la bavette mais la finale manque d'équilibre comparé au Souhaut dont chaque gorgée appelle une bouchée et vis versa...


lundi 24 juin 2013

Et les déceptions?...

C'est vrai que sur ce blog je parle en priorité des dégustations qui m'ont fait plaisir. Lorsque je suis déçu je suis en peu moins motivé par la rédaction. En plus j'ai peur d'être injuste vis à vis d'un vin qui peut-être aurait offert un profil plus sympa en d'autres circonstances. Il en résulte donc un déséquilibre manifeste dans mon blog; on dirait que j'aime tout ce que je bois... Je vais donc essayer de redresser un peu la barre en vous faisant part de déceptions à propos de vignerons que j'ai plutôt l'habitude d'encenser.
Le Morgon 2003 du Chat (domaine Chanudet) après nous avoir tant fait plaisir est actuellement dans une phase désastreuse; imbuvable! Ceci est vérifié sur plusieurs bouteilles et sur différents lieux...
Je ne comprends pas le dernier rouge sorti de la cave d'Eric Pfifferling: Terre d'Ombre 2012. Ici le vin n'est pas déviant mais offre un profil aromatique caricatural sur le bonbon anglais et la grenadine. La bouche, une fois le gaz parti, est un peu lourde avec une attaque sphérique sans beaucoup de fraîcheur et presqu'aucune longueur. A table l'alcool se fait vite sentir. J'aime pas du tout!

dimanche 23 juin 2013

Le blanc d'Hérédia

J'avais lu des choses appétissantes concernant ce chenin. Donc, à l'occasion d'un passage chez un caviste j'achète cette bouteille de 2010 et quelques jours plus tard, je l'ouvre, comme ça, sans trop y réfléchir. Et puis, ce vin s'impose à moi; superbe, brillant même. Dans un premier temps les ingrédients principaux pour se faire simplement plaisir sont présents: gourmandise, fraîcheur, jolis arômes de fruits blancs et de miel. Mais avec le temps il montre des arguments dignes de vins beaucoup plus onéreux: de très fines notes végétales et florales apportant beaucoup de fraîcheur, une minéralité très salivante dans une longue finale très équilibrée. L'ensemble offre un plaisir très distingué.

mercredi 19 juin 2013

Le rosé de Castex

Moi, le rosé, généralement c'est pas trop mon truc. Il y a souvent un côté un peu artificiel qui me dérange. Par ailleurs il est difficile d'en trouver un bien équilibré. Pourtant, avec la cuisine estivale c'est souvent ce qu'il y a de mieux. Je me souviens pas exemple d'un accord d'anthologie entre le Chemin de la Brune du domaine l'Anglore et des beignets de fleurs de courgettes (c'est une de mes spécialités!...). Egalement, avec des courgettes farcies au brocciu, un rosé artisanal corse s'était super bien comporté.
Hier soir, ma femme a fait la première soupe au pistou de l'année. Je trouve généralement qu'un rouge méridional à base de grenache, se marie bien avec ce plat. Mais là j'ai eu envie de changer. Lors de mon récent passage à Perpignan j'avais goûté puis acheté le rosé 2012 de ce vigneron emblématique du Roussillon version nature qu'est Alain Castex.
Le vin a besoin d'aération pour que les arômes aillent sur les fleurs (rose, lilas) et les fruits (pamplemousse, grenade). La bouche est d'un équilibre bluffant tout en puissance et en longueur. Il n'y a aucune lourdeur dans ce vin plein de force qui apparaît paradoxalement assez aérien. L'accord avec la soupe est excellent.

lundi 17 juin 2013

Pfifferling, Péron et Ganevat pour un beau retour

Deux semaines au Japon, c'est court. Deux semaines sans boire de vin, c'est long!... De retour à la maison, on veut se faire plaisir. On s'oriente donc vers ce que l'on préfère; ce qui nous a manqué. En même temps on ne cherche pas la puissance mais plutôt la délicatesse; afin que la transition avec la Japon ne soit pas trop violente. Ensuite on cherche des vins qui ne fatiguent pas trop; le décalage horaire se faisant sentir... Il m'aura en l'occurrence fallut 3 bouteilles pour me sevrer (sur plusieurs jours tout de même!). 3 régions sur un seul millésime: 2010. 3 bouteilles à la hauteur de mes attentes: vive la France!!

Les traverses de l'Anglore, le Champ Levat de Péron, le pinot noir Cuvée Julien de Ganevat: trois magnifiques rouges, chacun typique de sa région mais avec comme point commun un fruit libre et très pur apportant un plaisir sans réserve.

Une parenthèse de deux semaines au Japon

Je n'y étais jamais allé, j'en avais très envie. Ça y est c'est fait. Deux semaines, c'est juste histoire d'avoir un petit aperçu de ce pays dont la longue histoire s'accommode si bien de la modernité. Durant ces deux semaines au Japon je n'ai pas bu de vin; le thé me semblait plus apte à accompagner mes repas. Pourtant, j'ai envie de parler de ce voyage ici car au niveau de la cuisine, ce voyage fût intense. Je pense qu'il marquera ma façon de cuisiner; très subtilement, comme l'est cette cuisine... Il n'y a pas de recherche de gourmandise dans cette cuisine mais plutôt une volonté d'équilibre et de complémentarité des textures, dont certaines comme le gluant peuvent nous déranger... Ensuite le goût de l'aliment, très travaillé (coupe et cuisson) est difficile à reconnaître. C'est plutôt l'ensemble du plat qui a son propre goût. Puis, il y a des saveurs inconnues, souvent issues de fermentation (comme le miso). À cause de la langue on ne sait pas toujours ce que l'on mange. Mais peu importe, l'idée étant de se laisser inspirer et surprendre. À noter également, surtout à Kioto, une recherche dans la présentation de la table et des plats: sobre et chic!
Sinon, il y a évidemment les sushis, qui même s'ils ne représentent qu'une petite partie de la cuisine japonaise, restent néanmoins inévitables. Et là, pour le coup, il y a le goût du poisson brut, la gourmandise des grosses tranches et la magnifique longueur en bouche du thon gras "otoro".
 

Sur un marché à Kyoto

No comment! une tuerie...

Sobre et chic

Au milieu de ce bento des céréales avec une sauce gluante; néanmoins très bon.
 
Plats en plastique destinés aux vitrines des restaurants (pas très chics).

samedi 15 juin 2013

Deux vins dans deux lieux

Lors de ces dernières semaines je suis allé à Perpignan et à Paris. Même si c'était pour le travail, il a bien fallu que je me nourrisse. Et tant qu'à faire, autant le faire correctement. À Perpignan je suis allé à La Via del Vi, nouveau lieu dédié à la cuisine simple et franche et aux vins naturels. Le choix des vins y est extrêmement judicieux et précis. J'y ai entre autre apprécié un vin du Languedoc modeste mais tout en délicatesse et fraîcheur.
À Paris j'ai mangé une cuisine de bistrot au Beaurepaire (rue Beaurepaire à République). J'y ai entre autre découvert un superbe pinot noir de Cheverny. Les photos ci-dessous vous donnerons plus de détails concernant ces vins...


Ce vin offre un superbe nez plein de subtilité. La bouche apparaît par contraste un peu plus simple mais sa fraîcheur la place dans la gamme des vins gourmands.


A l'aveugle j'ai rapidement reconnu la région; le cépage (pinot noir) se dévoilera après une petite heure d'ouverture. Beaucoup de classe et un côté un peu additif dans cette bouteille.

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