samedi 30 août 2014

Deux grands classiques du classique

En matière de vin il y a plusieurs monde qui se côtoient. Quand on boit des vins natures, les vins qui ne le sont pas sont qualifiés de classiques. Ensuite, évidemment le monde des classiques est immense. Il y a les grands bordeaux que plus personne ne boit, les grands bourgognes dont tout le monde rêves et le grands vins classiques encore accessibles que les amateurs avertis se réservent.
Typiquement en Bourgogne le domaine Dauvissat à Chablis est dans cette catégorie. C'est parmi ce qui se fait de mieux, cela se trouve et reste accessible au niveau tarifaire. En Rhône Sud Rayas est plus cher mais c'est le prix du mythe.
Recevant des amis amateurs de vins et sensibles aux belles étiquettes j'ai ouvert un Forest 2004 de Dauvissat et un Rayas rouge 2004. Le chablis était vraiment très bon sur des notes très fines avec une belle énergie en bouche. Le Chateauneuf du Pape m'a semblé un peu lourd aromatiquement, un peu trop sur le pruneau. En revanche rien à dire sur l'équilibre et la texture ultra délicate qui caresse la bouche. Néanmoins ce vin manquait de punch de vitalité.
Certaines de mes bouteilles de Rayas perdent leur étiquette. Etant alors invendables on les boit sans trop se prendre la tête...

L'Ubac de Fhal

La cuvée l'Ubac de Fhal est une sélection parcellaire. Cette parcelle orientée plein nord avec une forte pente demande un travail de titan; Cyril y passe donc beaucoup de temps et d'énergie. Il en ressort un vin d'exception auquel le cépage majoritaire, le cinsault, donne beaucoup de finesse. La rareté du vin et le travail qu'il exige font que la bouteille est chère.
J'ai eu envie de gouter le 2011, seul millesime que j'ai en cave. Le vin est bien ouvert dés l'ouverture mais exprime un caractère franchement sudiste avec des arômes un peu confits. Il y a néanmoins beaucoup de finesse dans la structure du vin même si l'alcool ressort en finale. Je décide alors de laisser 24h au vin. Le lendemain le caractère confit s'est largement calmé  pour laissé la place à des notes plus distinguées de zan et de fruits frais. La bouche s'est également allongée mais l'équilibre se fait encore un peu sur l'alcool. Par curiosité je laisse un fond de bouteille pour voir l'évolution sur trois jours. La fraicheur domine enfin l'equilibre alors que la sensation d'alcool a disparue. La structure est elle toujours aussi distinguée. L'aromatique s'est dégradée suite à la longue aération mais il n'y a aucune touche d'oxydation ni de déviances en finale. En conclusion un grand vin qu'il est clairement sage de laisser au repos.

mardi 12 août 2014

Ducroux, Régnié 2012

J'avais déjà bu ce vin sans être tout à fait convaincu car ce dernier manquait de stabilité. Sur cette dernière bouteille la mise en place semble atteinte. Le vin est magnifique de finesse avec des arômes de petits fruits rouges, une pointe végétale. La bouche est légère, très vivante d'un équilibre souverain alliant gourmandise et une fraîcheur très salivante. Un vin que j'ai adoré...

mercredi 6 août 2014

Resto matin, midi et soir...

Cet été nous avons passé une grosse semaine à l'hôtel en France ce qui signifie que nous avons fait presque tous nos repas au restaurant (peu de pique nique à cause du temps). En dehors des quelques belles adresses citées dans ce blog, nous avons mangé dans des établissements corrects assez communs. La conséquence de ce traitement sur notre système digestif a été suffisamment difficile pour que nous nous demandions ce que l'on nous avait fait mangé. Que font les cuisiniers professionnels pour que leurs plats soient si difficiles à digérer? Nous étions heureux de rentrer chez nous pour enfin pouvoir nous nourrir correctement (je ne parle même pas des vins...).

dimanche 3 août 2014

Chez Camillou à Aumont-Aubrac

Pour notre dernier soir dans l'Aubrac nous voulions nous faire plaisir. Après un dîner plutôt réussi dans la brasserie de Cyril Attrazic nous avions envie d'aller plus loin en dînant au restaurant, une étoile au Michelin. Le menu à 47€ offre un rapport qualité-prix assez incroyable! Il y a un travail de fou dans l'assiette. La technique est maîtrisée et l'imagination en action. Le chef encore jeune n'en est qu'au début d'une carrière qui sera à n'en pas douter exceptionnelle. Notez que durant ce repas j'ai mangé, moi le méditerranéen, un des meilleurs poissons de ma vie: un filet d'omble chevalier merveilleusement bien cuit. Avec un Chablis 2012 de Thomas Pico (38€) ce fut parfait. Notez également des desserts bluffants.
Nos entrées: oeuf cuit à basse température et terrine de foie gras.

jeudi 31 juillet 2014

"Goûts et Couleurs" à Rodez

De passage à Rodez pour visiter le nouveau musée Soulages, nous en profitons pour découvrir les charmes culinaires de cette ville en mangeant dans ce restaurant gastronomique. Une bien belle adresse où l'imagination est mise au service de l'œil mais surtout des papilles. Le rapport qualité-prix me semble tout à fait correct. A propos du vin nous avons bu un Poulsard 2001 de Puffeney pour 36€. Pour un arbois ce n'est pas donné mais pour un bon vin sur cette belle table c'est plutôt un bon plan.
La version comestible du couteau de Laguiole.
Un plat de calamar inspiré par l'œuvre de Soulages.

lundi 28 juillet 2014

Auberge en Aubrac

En tant que citadin, lorsque je vais à la campagne ou en montagne, j'ai des envies de petites auberges authentiques en bord de route où l'on peut manger des plats simples à base de produits du coin. Inutile de dire que si l'on y va au hasard on tombe généralement sur un immonde bouiboui.
Il y a 4 ans, au hasard justement, nous avions mangé à l'auberge de la Tourre à Marchastel en plein milieu du plateau de l'Aubrac en Lozère. Cela m'avait suffisamment plu pour me donner envie d'y retourner à l'occasion. En l'occurrence nous y sommes retournés aujourd'hui. Et bien, nous n'avons pas été déçus. Que des super produits, un service très sympa et attentionné, un rapport qualité-prix hors du commun, une salle aux murs de pierres et poutres pleine de charme. Bref une vraie et belle adresse que cette auberge tenue par un couple motivé qui ouvre toute l'année (généralement un bon signe).
Le seul détail négatif est qu'on ne peut pas encore y boire de vins natures. Néanmoins un côte d'Auvergne à base de gamay et pinot était fort agréable.

samedi 26 juillet 2014

Gouleyant mais pas uniquement

Alors que certains ne voient dans ce type de bouteilles qu'un simple vin facile, car ils n'y retrouvent pas les "signes extérieurs" de vins chers, moi je bois un vin d'une grande classe avec ce "J'en Veux" 2012 de Ganevat. C'est en effet facile, voire même ultra gouleyant, mais en même temps il y a de la tenue, de la longueur et des arômes subtiles. Malgré sa légèreté le vin accompagne très bien une simple entrecôte.

samedi 19 juillet 2014

Le juste prix

Avant, lorsque je cuisinais des crustacés comme par exemple les superbes langoustines de méditerranée que j'ai trouvées ce matin à La Boîte à Sardine, c'était l'occasion d'ouvrir une bouteille rare comme un Chablis de 15 ans d'âge de chez Raveneau. Maintenant je me contente d'ouvrir un vin pas cher et facile à trouver comme par exemple ce superbe Folle Blanche 2012 de Marc Pesnot; et franchement je me régale. Ça c'est la magie des vins natures: avec une bouteille à 11€ il est tout à fait possible de se régaler autant qu'avec un grand cru. Un autre exemple de ceci la semaine dernière. Avec une côte de veau corse j'avais envie d'un rouge élégant style pinot de Bourgogne. J'ouvre un Chambolle 2010 de Pacalet qui s'avère décevant. Ne voulant pas en rester là (si j'ai la cave pleine ce n'est pas pour m'emmerder à table!) j'ouvre le Fleurie Chavot 2012 de Balagny. Et bien vous me croirez ou pas, mais le Fleurie nous est apparu d'autant plus magnifique que le Chambolle était lourd et fatiguant. Quand je pense à tout l'argent que j'ai bêtement dépensé en achetant toutes ces grandes bouteilles en croyant qu'un jour j'atteindrai le nivarna; le marketing des soi-disant grands vins est drôlement efficace. À quand les crus du Beaujolais reconnus par l'UNESCO?

lundi 14 juillet 2014

Je suis toutjours là!

Cela fait longtemps que je n'ai rien écrit sur mon blog! Je ne me suis pourtant pas arrêté ni de boire  ni de manger. Mais en revanche cela fait un petit moment que je n'ai rien bu de nouveau qui me donne envie de vous en parler. En fait je ne fait que confirmer ce que je vous ai déjà dit: France Gonzalvez et Julie Balagny sont les championnes du Beaujolais. Les vins du Jura de Kagami sont lumineux. Sinon toujours mes grands classiques que sont Pfiferling avec en particulier la Véjade 2012 magnifique, tous les 2012 de Souhaut, le rosé Canta Manana de Castex dont je ne peux me lasser, les Chardonnay d'Houillon qui vieillissent tellement bien tout comme le chenin 2010 d'Hérédia...

Alors évidemment, tout ces vins sont dans ma cave mais voilà deux restaurants dans lesquels ils est possible d'en boire certains et beaucoup d'autres:

Le Pied de Nez au Castelet dans le Var avec une belle cuisine reposant sur des produits d'exception et des vins natures de qualité. En plus la vue est belle et le service fort agréable. Une addition mesurée laisse envie de laisser un bon pourboire!

A Arbois, même si la terrasse est moins sympa, la carte de la Balance Mets et Vins est fort alléchante et l'on n'est pas déçu par l'assiette! En plus la carte des vins est magnifique; tous les meilleurs du Jura y sont présents (ou presque). Le service est également super sympa et charmant...


dimanche 8 juin 2014

Un vin finalement très japonais

Etant à Paris à l'occasion d'un rendez-vous professionnel, dans les environs de Dendert Rochereau, j'en profite pour visiter la Cave des Papilles que je ne connaissais pas. Voilà un bien bel endroit dédié aux vins naturels. J'y ai trouvé en particulier une très belle sélection de vins du Jura et cela fût l'occasion de gouter un vin fait par un vigneron dont on m'avait dit le plus grand bien. Kejiro Kagami est un japonais installé dans le sud du Jura, à proximité de chez JF Ganevat, à Grusse. Il n'est pas né de la dernière pluie car avant de se lancer avec le Domaine des Miroirs, il avait travaillé avec Thierry Allemand et Bruno Schueller. Pour accompagner du poisson fumé le caviste me conseille la cuvée "Sonorité du vent" 2011, 100% chardonnay. Rapidement après l'ouverture les odeurs soufrées désagréables disparaissent pour laisser place à de subtiles notes florales et fumées. La bouche peut sembler dans un premier temps légère car elle ne développe rien ne pouvant apparaître comme étant lourd. Néanmoins on ne tarde pas à se rendre compte que le vin est d'une superbe longueur. La bouche a la même fraicheur que celle de l'eau de roche ce qui n'exclut un léger gras. Un vin magnifique, de grande classe qui l'air de rien, impressionne; à la japonaise quoi...

samedi 31 mai 2014

Repas marseillais

Repas à la maison cette semaine avec Nadine et Rémy (des amis de longue date) accompagnés de Josette et Gérard Alonso (dont j'ai déjà parlé de la table d'hôte à Aureille) qui nous ont fait le plaisir de venir à Marseille pour cette soirée. Evidemment, avec Josette et Gérard, pas question de boire autre chose que "nature"! On commence l'apéro "Pata Negra" avec un chardonnay 2003 d'Houillon-Overnoy et la cuvée Initial de Selosse (dégorgé début 2013 je crois) que Josette et Gérard nous ont apportée. Le chardonnay offre une aromatique assez complexe de tabac blond, de miel, de fumée. La bouche est assez large pour la région (effet 2003) mais reste équilibrée et bien longue. Le Champagne, sur de très belles notes oxydatives, est plus nerveux et malgré sa vinosité est plus élégant. Le texture du vin est très délicate. Je n'avais jamais eu l'occasion de gouter Selosse; cette bouteille était remarquable.
En entrée j'ai fait une espèce de risotto des Bouches du Rhône: riz rouge camarguais lentement cuit dans une soupe de poisson sur lequel j'ai déposé des filets de rascasse également cuits dans la soupe. Un peu de soupe par dessus et on sert. Sur ce plat fort iodé j'ose l'accord avec un rouge, en l'occurrence la mondeuse Champ Levat 2008 de Jean-Yves Perron. Le vin est excellent avec des arômes assez déroutants d'encre, de fruits acidulés... L'acidité est haute mais il y a largement assez de fond pour l'équilibrer même si l'ensemble peut paraître strict à certains. L'accord avec le plat est réussi!
En plat j'ai fait de la saucisse de Marseille avec des pommes de terres nouvelles, des navets nouveaux et des haricots verts. La saucisse marseillaise étant aromatisée au fenouil, je choisis des vins méridionaux: Kalisté 2010 du domaine U Stiliccionu et Véjade 2010 de l'Anglore. Je trouve le vin corse très bon mais force est de reconnaître que la comparaison avec la Véjade ne lui rend pas service. Ce dernier est peut-être le vin de la soirée car ici tout est évident: gourmandise, fraicheur, équilibre...
Au dessert on se régale avec les tartes aux fraises faites par Gérard. Notez que l'accord fraises-mondeuse est remarquable! Incroyable ce vin...
Pour conclure une super soirée!!

lundi 12 mai 2014

Pialade 2006 et 2007

Le Côte du Rhône La Pialade, issu des jeunes vignes de Rayas et Fonsalette est sans doute un des vins que j'ai le plus bu. Néanmoins, depuis quelques années je m'en était un peu lassé lui préférant des vins plus légers, moins mûrs. D'ailleurs le 2006 ouvert la semaine dernière avait un profil peu avenant type porto sec, un peu cuit. En revanche le 2007 bu hier était vraiment exceptionnel, la puissance et l'onctuosité du vin étant parfaitement maîtrisé. Du niveau d'un sacré Châteauneuf du Pape. L'accord avec un superbe tajine d'agneau aux fruits secs et navets était remarquable.

jeudi 8 mai 2014

Quelques confirmations

Peu d'activité sur le blog ses derniers temps alors que j'ai bu pas mal de beaux vins. Mais bon, pas mal de travail, un peu de flemme... De plus je bois beaucoup de vins dont j'ai déjà parlé dans ce blog; peu de découvertes mais néanmoins quelques confirmations.

La Syrah 2011 de Souhaut: Un vin que je n'avais pas eu faute de disponibilité. J'en vois une bouteille chez un caviste (Les Quilles à Toulon); je la prends histoire de voir. Les arômes sont délicats et la texture en bouche d'une finesse surprenante. Le vin se déploie en toute délicatesse, liberté et franchise; j'ai adoré.

Le rosé 2013 d'Alain Castex m'apporte un grand plaisir. On boit cela avec délectation, facilité. C'est pourtant assez complexe, il y a beaucoup de fond, une minéralité qui donne du tonus. Parfait à table avec la cuisine méditerranéenne printanière (légume, poisson, ail...).

Le Fleurie 2012 "Simone" de Julie Balagny. Je sais que ce vin ne se boit pas toujours bien; il va, il vient. Mais la seule bouteille que j'ai ouverte à la maison était tout simplement bluffante de finesse, d'équilibre, de plaisir. Le sentiment fort d'être face à un grand vin; une classe hors norme.

mercredi 23 avril 2014

Le fruit: l'ennemi du terroir?

Sur le câble, la chaîne Edonys est dédiée au vin. Notez que cette chaîne est localisée en Belgique car le droit français ne peut la tolérer... On y voit divers reportages très éclectiques. J'y ai en l'occurrence vu un court métrage sur M. Chapoutier; un espèce de film publicitaire. Durant ce film M. Chapoutier dit quelque chose du genre: Le fruit est au vin ce que le discourt est à la musique. Seules la texture et la saveur sont susceptible de mettre en valeur le terroir. D'après lui le fruit n'a d'intérêt que pour les vins à 3€...

Je dois reconnaître que j'ai vraiment du mal à comprendre ce type de remarque. Faudrait-il qu'un vin soit dénué de saveur fruitée pour être révélateur de son origine? Tien, j'ai utilisé le mot saveur! La saveur doit-elle être toujours autre que fruité alors que le vin est directement issu d'un fruit? Personnellement un vin qui n'offre que des saveurs de réglisse, de café, de poivre, de vanille, de bois, de suie, d'herbes, de pierre, de pluie, de champignon... s'il n'offre aucune saveur fruité ne me donne généralement qu'un plaisir limité, même s'il est vieux.

Afin d'enfoncer le clou M. Chapoutier dit même vinifier dans le but de contenir les arômes du vin (pour valoriser la texture?). Pourtant dans ce film on le voit souvent déguster dans des verres immenses qui n'ont que comme seul intérêt de valoriser les arômes!...

De mon point de vue il est tout aussi aberrant de vouloir restreindre les arômes fruités que de vouloir les exacerber. Pourquoi ne pas se contenter de mettre simplement en exergue la qualité du raisin? D'ailleurs le même M. Chapoutier dit quelque chose qui me parle bien mieux: Le travail à la vigne détermine la hauteur de l'échelle. Le vinificateur monte l'échelle.

vendredi 11 avril 2014

Pinot et gamay de Loire

A sa sortie j'avais acheté pas mal d'exemplaires de la cuvée Rouillon 2010 du Clos du Tue Bœuf. Et bien je ne regrette pas ce choix. Ces bouteille payées à peine plus de 10 euros continuent à m'enchanter. Le registre aromatique évolue gentiment avec l'âge mais c'est toujours très bon voire de mieux en mieux avec des notes plus épicées et florales que simplement fruitées. La bouche gourmande et salivante fait que le vin se comporte bien à table. Il ne m'en reste plus que deux; à boire ou à garder pour l'expérience...

lundi 7 avril 2014

Expériences mises en commun

Lors du salon la Remise à Marseille, j'étais un petit peu circonspect devant le nombre important de vins ayant des goûts déviants et en particulier le "goût de souris". Après discussion avec d'autres dégustateurs plus avertis que moi et avec des vignerons, il semblerait que ces déviances puissent apparaître sporadiquement dans un vin bousculé comme par exemple après un long trajet. Ces déviances disparaitraient après du repos. J'ai même compris que les vins jeunes étaient plus sensibles à ce phénomène. Avec l'âge ils seraient plus stables. Néanmoins je manque de recul pour confirmer cela  à partir de ma propre expérience. Un des avantages d'internet est de pouvoir être en contact avec de nombreuses personnes. Cela permet de sommer les expériences afin d'en tirer quelque chose de plus générale.


J'ai eu l'idée d'utiliser un forum (lapassionduvin) afin de faire une étude statistique sur le taux de satisfaction des dégustateurs de vins natures. En particulier j'ai eu envie de voir si le taux de vins déviants évoluait avec l'âge du vin et surtout dans quel sens. Si le taux augmente avec l'âge, c'est que les vins natures sont fragiles et doivent être bus rapidement; cela correspond à l'image que l'amateur de vin se fait généralement des vins natures. Si ce taux diminue c'est au contraire que les vins jeunes sont instables et méritent donc d'être attendus; cela correspond plutôt à ce que certains vignerons natures disent.
Evidemment il est impossible de faire cela sur tous les vins natures. J'ai ciblé un domaine depuis longtemps dégusté par un grand nombre d'amateurs: le domaine Barral à Faugère. Les participants devaient donner une note (top, moyen ou déviant) et l'âge du vin au moment de la dégustation. Je n'ai pas fait de distinction de cuvées (le blanc est exclut car trop rare). Je n'ai pas eu autant de participations que souhaité mais j'en ai tout de même tiré la courbe suivante:


Voici les résultats mis sous forme graphique (87 échantillons en tout, toutes les cuvées de rouge comprises). J'ai représenté en fonction de l'âge du vin le pourcentage de vins Tops, Moyens et Déviants. Il y a une gamme d'âge (de 8 à 10 ans) où je ai très peu de résultats. J'ai donc fait des moyennes d'âges. Ceci explique par exemple qu'il y ait un point à 7,2 ans. Les courbes dans la zone grisée ne sont pas représentatives car elles se contentent de relier deux points entre eux. Par exemple on ne peut pas dire qu'il y a 75% de Top à 9 ans. J'ai par ailleurs reporté une incertitude pour chaque point (reportée sur la courbe verte). Plus le nombre d'échantillons est faible, plus l'incertitude est élevée. Par exemple beaucoup de vins sont bus à l'âge de 3 ans et très peu à l'âge de 6 ans; la statistique y est donc moins fiable.

En ce qui concerne l'interprétation des résultats, voilà la mienne: Les comportements des courbes Moyen et Déviant ne se distinguent pas vraiment et ces deux courbes sont du même ordres de grandeurs. Cela révèle peut-être que la notion de déviance est variable en fonction de chaque dégustateurs. J'ai donc eu envie de représenter une courbe Médiocre qui somme les deux prés-citées. Cela simplifie la visualisation et l'interprétation.

Dans les trois ans qui suivent leur sortie (3, 4 et 5 ans) on a entre 60 à 70% de chance de se faire plaisir et donc de 30 à 40% d'avoir quelque chose de Médiocre (c'est à dire sans intérêt voire agressif). Cela devient encore plus délicat après quelques années (6, 7 ans) où ces taux flirtent avec les 50%. Avec les incertitudes il n'est pas exclu que la courbe Top soit en fait sous la barre des 50%! A ce niveau on peut alors penser que les vins sont en train de se détériorer. D'ailleurs les vins ne sont plus vraiment bus et je n'ai eu que très peu de retours de dégustations sur cette période d'âge.

En revanche à partir de 11 ans la Déviance devient marginale et presque tous les retours sont au Top. Cela dit, ces résultats doivent être tempérés par un nombre modeste d'échantillons (15/87). Ceci semble toutefois remettre en cause l'hypothèse selon laquelle les vins se détériorent à partir de 6 ans. On peut penser qu'à sa sortie le vin est instable, parfois Médiocre, parfois Top. Il subit ensuite une crise durant laquelle le vin semble dépérir. Mais cette crise mène le vin à une phase de stabilité d'au moins quelques années...

Evidemment tout ceci doit être pris avec des pincettes car il faudrait faire une étude à grande échelle. Néanmoins cela a au moins le mérite d'exister. Merci à ceux qui ont participé.

lundi 31 mars 2014

Trois belles rencontres

Bon, c'est mon 200ième post. Le temps passe, les vins défilent et les rencontrent se font. A Marseille, c'est La Remise. Un salon de vins natures issus de vignes situées au sud de Clermont Ferrand. Le salon est grand mais pas trop. Cela permet de parler aux vignerons, de prendre un peu le temps. A cette occasion j'ai fait trois belles rencontres.

D'abord Alain Castex de Banyuls d'une gentillesse assez incroyable qui nous livre des vins que j'ai encore du mal à saisir mais dont le rosé, lors du dîner vigneron, m'a à nouveau émerveillé (dommage il n'y en a déjà plus...).
Ensuite Bernard Belhassen, du domaine Fontedicto dans le Languedoc. Y a pas à dire le gars a pris de temps de réfléchir, d'observer avec acuité et sensibilité. Son Promise 2012 fait plus que promettre car il nous enchante déjà avec son fruit d'une fraicheur magnifique qui allié à une trame fine et serrée donne un "grand" vin.
 
Finalement j'ai passé un peu de temps à parler avec Pierre Beauger d'Auvergne, mon voisin de table au dîner. Le gars m'a impressionné par la volonté qu'il met dans sa démarche. C'est extrême mais c'est cohérent. Tous les vins goutés ce jour là étaient convaincants et pour certains grandioses...

lundi 24 mars 2014

Soirée sans soufre


J'aime bien avoir un thème pour choisir les vins d'une soirée. Là j'ai décidé de ne prendre que des vins fait que par des vignerons ayant fait le choix, assez extrême mais très courageux, de ne pas utiliser du tout le soufre, ni rien d'autre d'ailleurs (en tout cas on peut le supposer...)
En attendant que tout le monde soit là on commence avec la cuvée "Mer et Coquillage" 2011 de Meyer. Un beau vin d'assemblage de quelques cépages blancs alsaciens donne un vin léger, plein de fraîcheur, tonique sans agressivité.
Pour l'apéro "officiel" j'ouvre le Ploussard 2012 de Renaud Bruyère et d'Adeline Houillon. Un vin toujours aussi bon associant avec brio la légèreté et la présence en bouche. De plus le nez est vraiment très agréable et subtil.

A table, avec un tartare de bonite je sers "Le tir à blanc" 2013 de Castex; un blanc du Roussillon. Une bouteille ouverte quelques jours auparavant était magnifique de fruit, de fraicheur, de gourmandise et de subtilité. Ce soir le vin est malheureusement bien moins sympathique avec moins de tout plus une finale pas nette du tout. Première défaillance de la soirée...

Avec un poulet de Bresses on commence avec le pinot noir d'Alsace 2007 "LNO12" de Schueller. Le nez est vraiment magnifique, complexe très hédoniste. La bouche est légère mais pleine de charme et de gourmandise. Néanmoins cela évolue vite et la finale finit par se gâter avec un gout de souris émergeant. Dommage pour les dernière gorgées...

Pour finir le poulet on boit la mondeuse 2007 "Champ Levat" de Jean-Yves Péron. Une très belle bouteille à maturité pleine de fruit, de tension, très équilibrée malgré la forte acidité. L'aromatique est subtile d'abord sur les fruits noirs et la réglisse puis de plus en plus terpénique rappelant un peu un cornas.
Deux vins sur cinq se sont donc révélés très peu stables bien qu'un des deux ait donné beaucoup de plaisir avant de définitivement déraper. Il s'agit d'un blanc et d'un pinot noir. Cela confirme qu'il est très difficile de faire des blancs sans soufre et que le pinot noir d'Alsace est un cépage extrêmement délicat à travailler. Sur les dernières bouteilles goutées (Meyer, Schueller, Binner) la plupart étaient sinon flinguées, en tout cas très peu stables. Pour les blancs j'ai l'impression qu'un élevage long est nécessaire pour stabiliser les vins sans soufre; je pense en particulier aux vins d'Emanuel Houillon qui défient le temps sans difficulté.
Au final, je pense avoir très bien reçu mes amis (amateurs de vins natures) alors qu'aucune de ses bouteilles ne m'a couté plus de 25euros. J'ai en fait eu envie de leur faire gouter les vins qui ses derniers temps m'avaient particulièrement plu et qui pour beaucoup ont déjà été commenté dans ce blog.

dimanche 16 mars 2014

Escapade Ardèchoise

Dans le sud de l'Ardèche on fait des vins méridionaux ronds et puissants. Dans le nord, au niveau de Tournon, on fait plutôt des vins septentrionaux. Les terroirs y sont sans le moindre doute de grande qualité avec les superbes coteaux de Cornas et de Saint Joseph taillés par le Rhône qui érode la bordure orientale du Massif Central. Il y a même un endroit où le Rhône a séparé le Massif Central en deux; justement entre Tournon et Tain l'Hermitage. Il en résulte un des plus grands terroirs de France: la colline de l'Hermitage. Bon, le seul problème est que ce coteau est situé en Drôme juste en face de l'Ardèche dont il est issue. Mais l'honneur est sauf car le vigneron le plus réputé de l'appellation et faisant parti de l'élite mondiale, le domaine Jean-Louis Chave, est situé à Mauves en Ardèche.

Lors d'une journée bien chargée j'ai eu le plaisir de visiter le domaine Thierry Allemand à Cornas, le domaine Jean-Louis Chave puis celui d'Hervé Souhaut à Arlebosc. Le genre de balade dont on revient les yeux pleins d'étoiles avec quelques vins hors normes casés dans la mémoire et la promesse de futurs beaux repas avec le coffre plein.
* Chez Allemand les 2011 sont très bons avec une mention toute particulière au "Sans Soufre" qui allie d'une certaine façon la gourmandise du Chaillot et la rectitude du Reynard. Sinon, parmi le Chaillot 2010, le Reynard 2008, le Chaillot 2004 et le Reynard 1998, je retiens surtout le 2004 qui m'a donné un très très grand plaisir avec des notes légèrement évoluées mais tellement fines et en même temps une belle vivacité faisant de la bouche une belle gourmandise. Paradoxalement le 98 est encore un peu jeune, assez dur. Le 2008 est approchable avec une bonne aération; il y a du plaisir.

* Chez Chave j'ai globalement été déçu par les 2012 en cours  d'élevage: beaucoup de réduction, des fonds de verre souvent boisés, des finale un peu lactées. Mais il y a des exceptions, et comme la dernière fois que j'avais dégusté dans cette cave, le vin issu de la parcelle de l'Hermite m'est apparu comme vraiment exceptionnel. L'Hermitage rouge 1995 bien que très bon mérite encore un peu de temps en bouteille alors que le 1971 mêle l'émotion au simple plaisir hédoniste. De toute la dégustation c'est le vin offrant le fruit le plus frais avec de très belles notes végétales. Il n'est pas d'une grande complexité ni d'une grande longueur, signant un millésime sans doute moyen, mais c'est tellement bon! Finalement, même si les blancs de cette région ne m'attirent pas particulièrement (je les trouve difficile à accompagner à table et vraiment très chers), les blancs de Chave sont tout de même exceptionnels avec des équilibres incroyables alliant une texture huileuse à la fraîcheur. J'ai presque préféré la fugueuse jeunesse du 2011 à l'attitude plus posée du 2000.
* Après un peu de route j'arrive finalement chez Souhaut. On déguste les 2013 en cours d'élevage qui seront mis en bouteilles au mois de mai. Les vins semblent en effet prêts, plein de vie et de fraîcheur avec une belle pureté aromatiques et des maturités mesurées. Mention particulière à la Souteronne et au Saint Epine. Il y a une nouvelle parcelle de Saint Joseph qui fera une nouvelle cuvée et que j'ai également beaucoup aimée (son nom m'échappe). On goûte ensuite la Souteronne et la Syrah 2012 en bouteille. La Souteronne est assez pleine, très épicée alors que la Syrah est plus spontanée, plus fraîche mais également plus courte.


Dans la cour du domaine Allemand où des cavistes américains sont venus déguster en groupe. Au premier plan une bouteille du superbe Sans Soufre 2011.

Une fois sortie de la cave la sublime robe de l'Hermitage 1971 se révèle dans la cour du domaine Chave.

Dégustation de la Souteronne sur une table placée en face d'un superbe paysage bucolique; un bon moment passé en compagnie du vigneron. Il ne manquait que quelques charcuteries...

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