vendredi 11 avril 2014

Pinot et gamay de Loire

A sa sortie j'avais acheté pas mal d'exemplaires de la cuvée Rouillon 2010 du Clos du Tue Bœuf. Et bien je ne regrette pas ce choix. Ces bouteille payées à peine plus de 10 euros continuent à m'enchanter. Le registre aromatique évolue gentiment avec l'âge mais c'est toujours très bon voire de mieux en mieux avec des notes plus épicées et florales que simplement fruitées. La bouche gourmande et salivante fait que le vin se comporte bien à table. Il ne m'en reste plus que deux; à boire ou à garder pour l'expérience...

lundi 7 avril 2014

Expériences mises en commun

Lors du salon la Remise à Marseille, j'étais un petit peu circonspect devant le nombre important de vins ayant des goûts déviants et en particulier le "goût de souris". Après discussion avec d'autres dégustateurs plus avertis que moi et avec des vignerons, il semblerait que ces déviances puissent apparaître sporadiquement dans un vin bousculé comme par exemple après un long trajet. Ces déviances disparaitraient après du repos. J'ai même compris que les vins jeunes étaient plus sensibles à ce phénomène. Avec l'âge ils seraient plus stables. Néanmoins je manque de recul pour confirmer cela  à partir de ma propre expérience. Un des avantages d'internet est de pouvoir être en contact avec de nombreuses personnes. Cela permet de sommer les expériences afin d'en tirer quelque chose de plus générale.


J'ai eu l'idée d'utiliser un forum (lapassionduvin) afin de faire une étude statistique sur le taux de satisfaction des dégustateurs de vins natures. En particulier j'ai eu envie de voir si le taux de vins déviants évoluait avec l'âge du vin et surtout dans quel sens. Si le taux augmente avec l'âge, c'est que les vins natures sont fragiles et doivent être bus rapidement; cela correspond à l'image que l'amateur de vin se fait généralement des vins natures. Si ce taux diminue c'est au contraire que les vins jeunes sont instables et méritent donc d'être attendus; cela correspond plutôt à ce que certains vignerons natures disent.
Evidemment il est impossible de faire cela sur tous les vins natures. J'ai ciblé un domaine depuis longtemps dégusté par un grand nombre d'amateurs: le domaine Barral à Faugère. Les participants devaient donner une note (top, moyen ou déviant) et l'âge du vin au moment de la dégustation. Je n'ai pas fait de distinction de cuvées (le blanc est exclut car trop rare). Je n'ai pas eu autant de participations que souhaité mais j'en ai tout de même tiré la courbe suivante:


Voici les résultats mis sous forme graphique (87 échantillons en tout, toutes les cuvées de rouge comprises). J'ai représenté en fonction de l'âge du vin le pourcentage de vins Tops, Moyens et Déviants. Il y a une gamme d'âge (de 8 à 10 ans) où je ai très peu de résultats. J'ai donc fait des moyennes d'âges. Ceci explique par exemple qu'il y ait un point à 7,2 ans. Les courbes dans la zone grisée ne sont pas représentatives car elles se contentent de relier deux points entre eux. Par exemple on ne peut pas dire qu'il y a 75% de Top à 9 ans. J'ai par ailleurs reporté une incertitude pour chaque point (reportée sur la courbe verte). Plus le nombre d'échantillons est faible, plus l'incertitude est élevée. Par exemple beaucoup de vins sont bus à l'âge de 3 ans et très peu à l'âge de 6 ans; la statistique y est donc moins fiable.

En ce qui concerne l'interprétation des résultats, voilà la mienne: Les comportements des courbes Moyen et Déviant ne se distinguent pas vraiment et ces deux courbes sont du même ordres de grandeurs. Cela révèle peut-être que la notion de déviance est variable en fonction de chaque dégustateurs. J'ai donc eu envie de représenter une courbe Médiocre qui somme les deux prés-citées. Cela simplifie la visualisation et l'interprétation.

Dans les trois ans qui suivent leur sortie (3, 4 et 5 ans) on a entre 60 à 70% de chance de se faire plaisir et donc de 30 à 40% d'avoir quelque chose de Médiocre (c'est à dire sans intérêt voire agressif). Cela devient encore plus délicat après quelques années (6, 7 ans) où ces taux flirtent avec les 50%. Avec les incertitudes il n'est pas exclu que la courbe Top soit en fait sous la barre des 50%! A ce niveau on peut alors penser que les vins sont en train de se détériorer. D'ailleurs les vins ne sont plus vraiment bus et je n'ai eu que très peu de retours de dégustations sur cette période d'âge.

En revanche à partir de 11 ans la Déviance devient marginale et presque tous les retours sont au Top. Cela dit, ces résultats doivent être tempérés par un nombre modeste d'échantillons (15/87). Ceci semble toutefois remettre en cause l'hypothèse selon laquelle les vins se détériorent à partir de 6 ans. On peut penser qu'à sa sortie le vin est instable, parfois Médiocre, parfois Top. Il subit ensuite une crise durant laquelle le vin semble dépérir. Mais cette crise mène le vin à une phase de stabilité d'au moins quelques années...

Evidemment tout ceci doit être pris avec des pincettes car il faudrait faire une étude à grande échelle. Néanmoins cela a au moins le mérite d'exister. Merci à ceux qui ont participé.

lundi 31 mars 2014

Trois belles rencontres

Bon, c'est mon 200ième post. Le temps passe, les vins défilent et les rencontrent se font. A Marseille, c'est La Remise. Un salon de vins natures issus de vignes situées au sud de Clermont Ferrand. Le salon est grand mais pas trop. Cela permet de parler aux vignerons, de prendre un peu le temps. A cette occasion j'ai fait trois belles rencontres.

D'abord Alain Castex de Banyuls d'une gentillesse assez incroyable qui nous livre des vins que j'ai encore du mal à saisir mais dont le rosé, lors du dîner vigneron, m'a à nouveau émerveillé (dommage il n'y en a déjà plus...).
Ensuite Bernard Belhassen, du domaine Fontedicto dans le Languedoc. Y a pas à dire le gars a pris de temps de réfléchir, d'observer avec acuité et sensibilité. Son Promise 2012 fait plus que promettre car il nous enchante déjà avec son fruit d'une fraicheur magnifique qui allié à une trame fine et serrée donne un "grand" vin.
 
Finalement j'ai passé un peu de temps à parler avec Pierre Beauger d'Auvergne, mon voisin de table au dîner. Le gars m'a impressionné par la volonté qu'il met dans sa démarche. C'est extrême mais c'est cohérent. Tous les vins goutés ce jour là étaient convaincants et pour certains grandioses...

lundi 24 mars 2014

Soirée sans soufre


J'aime bien avoir un thème pour choisir les vins d'une soirée. Là j'ai décidé de ne prendre que des vins fait que par des vignerons ayant fait le choix, assez extrême mais très courageux, de ne pas utiliser du tout le soufre, ni rien d'autre d'ailleurs (en tout cas on peut le supposer...)
En attendant que tout le monde soit là on commence avec la cuvée "Mer et Coquillage" 2011 de Meyer. Un beau vin d'assemblage de quelques cépages blancs alsaciens donne un vin léger, plein de fraîcheur, tonique sans agressivité.
Pour l'apéro "officiel" j'ouvre le Ploussard 2012 de Renaud Bruyère et d'Adeline Houillon. Un vin toujours aussi bon associant avec brio la légèreté et la présence en bouche. De plus le nez est vraiment très agréable et subtil.

A table, avec un tartare de bonite je sers "Le tir à blanc" 2013 de Castex; un blanc du Roussillon. Une bouteille ouverte quelques jours auparavant était magnifique de fruit, de fraicheur, de gourmandise et de subtilité. Ce soir le vin est malheureusement bien moins sympathique avec moins de tout plus une finale pas nette du tout. Première défaillance de la soirée...

Avec un poulet de Bresses on commence avec le pinot noir d'Alsace 2007 "LNO12" de Schueller. Le nez est vraiment magnifique, complexe très hédoniste. La bouche est légère mais pleine de charme et de gourmandise. Néanmoins cela évolue vite et la finale finit par se gâter avec un gout de souris émergeant. Dommage pour les dernière gorgées...

Pour finir le poulet on boit la mondeuse 2007 "Champ Levat" de Jean-Yves Péron. Une très belle bouteille à maturité pleine de fruit, de tension, très équilibrée malgré la forte acidité. L'aromatique est subtile d'abord sur les fruits noirs et la réglisse puis de plus en plus terpénique rappelant un peu un cornas.
Deux vins sur cinq se sont donc révélés très peu stables bien qu'un des deux ait donné beaucoup de plaisir avant de définitivement déraper. Il s'agit d'un blanc et d'un pinot noir. Cela confirme qu'il est très difficile de faire des blancs sans soufre et que le pinot noir d'Alsace est un cépage extrêmement délicat à travailler. Sur les dernières bouteilles goutées (Meyer, Schueller, Binner) la plupart étaient sinon flinguées, en tout cas très peu stables. Pour les blancs j'ai l'impression qu'un élevage long est nécessaire pour stabiliser les vins sans soufre; je pense en particulier aux vins d'Emanuel Houillon qui défient le temps sans difficulté.
Au final, je pense avoir très bien reçu mes amis (amateurs de vins natures) alors qu'aucune de ses bouteilles ne m'a couté plus de 25euros. J'ai en fait eu envie de leur faire gouter les vins qui ses derniers temps m'avaient particulièrement plu et qui pour beaucoup ont déjà été commenté dans ce blog.

dimanche 16 mars 2014

Escapade Ardèchoise

Dans le sud de l'Ardèche on fait des vins méridionaux ronds et puissants. Dans le nord, au niveau de Tournon, on fait plutôt des vins septentrionaux. Les terroirs y sont sans le moindre doute de grande qualité avec les superbes coteaux de Cornas et de Saint Joseph taillés par le Rhône qui érode la bordure orientale du Massif Central. Il y a même un endroit où le Rhône a séparé le Massif Central en deux; justement entre Tournon et Tain l'Hermitage. Il en résulte un des plus grands terroirs de France: la colline de l'Hermitage. Bon, le seul problème est que ce coteau est situé en Drôme juste en face de l'Ardèche dont il est issue. Mais l'honneur est sauf car le vigneron le plus réputé de l'appellation et faisant parti de l'élite mondiale, le domaine Jean-Louis Chave, est situé à Mauves en Ardèche.

Lors d'une journée bien chargée j'ai eu le plaisir de visiter le domaine Thierry Allemand à Cornas, le domaine Jean-Louis Chave puis celui d'Hervé Souhaut à Arlebosc. Le genre de balade dont on revient les yeux pleins d'étoiles avec quelques vins hors normes casés dans la mémoire et la promesse de futurs beaux repas avec le coffre plein.
* Chez Allemand les 2011 sont très bons avec une mention toute particulière au "Sans Soufre" qui allie d'une certaine façon la gourmandise du Chaillot et la rectitude du Reynard. Sinon, parmi le Chaillot 2010, le Reynard 2008, le Chaillot 2004 et le Reynard 1998, je retiens surtout le 2004 qui m'a donné un très très grand plaisir avec des notes légèrement évoluées mais tellement fines et en même temps une belle vivacité faisant de la bouche une belle gourmandise. Paradoxalement le 98 est encore un peu jeune, assez dur. Le 2008 est approchable avec une bonne aération; il y a du plaisir.

* Chez Chave j'ai globalement été déçu par les 2012 en cours  d'élevage: beaucoup de réduction, des fonds de verre souvent boisés, des finale un peu lactées. Mais il y a des exceptions, et comme la dernière fois que j'avais dégusté dans cette cave, le vin issu de la parcelle de l'Hermite m'est apparu comme vraiment exceptionnel. L'Hermitage rouge 1995 bien que très bon mérite encore un peu de temps en bouteille alors que le 1971 mêle l'émotion au simple plaisir hédoniste. De toute la dégustation c'est le vin offrant le fruit le plus frais avec de très belles notes végétales. Il n'est pas d'une grande complexité ni d'une grande longueur, signant un millésime sans doute moyen, mais c'est tellement bon! Finalement, même si les blancs de cette région ne m'attirent pas particulièrement (je les trouve difficile à accompagner à table et vraiment très chers), les blancs de Chave sont tout de même exceptionnels avec des équilibres incroyables alliant une texture huileuse à la fraîcheur. J'ai presque préféré la fugueuse jeunesse du 2011 à l'attitude plus posée du 2000.
* Après un peu de route j'arrive finalement chez Souhaut. On déguste les 2013 en cours d'élevage qui seront mis en bouteilles au mois de mai. Les vins semblent en effet prêts, plein de vie et de fraîcheur avec une belle pureté aromatiques et des maturités mesurées. Mention particulière à la Souteronne et au Saint Epine. Il y a une nouvelle parcelle de Saint Joseph qui fera une nouvelle cuvée et que j'ai également beaucoup aimée (son nom m'échappe). On goûte ensuite la Souteronne et la Syrah 2012 en bouteille. La Souteronne est assez pleine, très épicée alors que la Syrah est plus spontanée, plus fraîche mais également plus courte.


Dans la cour du domaine Allemand où des cavistes américains sont venus déguster en groupe. Au premier plan une bouteille du superbe Sans Soufre 2011.

Une fois sortie de la cave la sublime robe de l'Hermitage 1971 se révèle dans la cour du domaine Chave.

Dégustation de la Souteronne sur une table placée en face d'un superbe paysage bucolique; un bon moment passé en compagnie du vigneron. Il ne manquait que quelques charcuteries...

mardi 11 mars 2014

Une valeur sûre?...

J'écris ce message, non suite à la dégustation d'une seule bouteille, mais après un certain nombre de bonnes expériences. Aucune d'elles ne fût vraiment exceptionnelle mais l'ensemble confirme l'excellence du domaine du Briseau dans la maîtrise du pineau d'Aunis: des vins de table avec de la mâche, de la fraicheur, de la gourmandise, de la franchise et de la personnalité... Des vins natures que l'on peut proposer sans crainte lors d'un repas de famille.

Les Longues Vignes 2012

lundi 3 mars 2014

Couscous et vins méditerranéens

Couscous en famille!
On commence pas un apéro avec des olives de Nyons et des feuilletés avec des graines soit de sésame, de carvis, d'anis ou de pavot. Pour cela le Patrimonio blanc 2011 de Nicolas Mariotti Bindi fût le parfait compagnon: fraicheur, gras, un vin assez aromatique mais pas trop. Le bouteille est flinguée à la vitesse grand V.
Vient ensuite le couscous d'hiver avec de la courge, des navets, des carottes, du cèleri, des artichauts et des pois chiches; boulettes et souris d'agneau confites. Certains préconisent un rosé, perso j'ai préféré un rouge pouvant sous certains aspects faire penser à un rosé: Rozetta 2011 de Maxime Magnon. Un vin méridional dans son expression aromatique florale et épicée avec un texture douce. La structure tannique très légères fait qu'il s'associe très bien aux légumes du couscous. Un excellent compagnon de table qui ne fît pas long feu.
Finalement appelé à la rescousse, le Patrimonio rouge 2011 de Nicolas Mariotti Bindi succède avec un style très différent: le vin est plus austère sur des arômes balsamiques, de fruit noir et d'encre (souvenirs d'écolier). La bouche est plus tendue, longue, fraiche. J'aime beaucoup ce vin bien que l'accord avec le couscous soit moins sensuel.

jeudi 20 février 2014

Les vins de l'extrême

Il y a certaines bouteilles que je me réserve car je sais qu'il y a de bonnes chances qu'elles ne plaisent pas à d'éventuels hôtes. En effet il s'agit de vins un peu particuliers mais que personnellement j'aime beaucoup.
Ce week-end par exemple j'ai ouvert une mondeuse Champ Levat 2007 de Jean-Yves Péron. Le vin est très bon alliant des arômes de violettes, de fruits acidulés, de sang... La bouche est concentrée avec une structure fine, équilibrée malgré une acidité assez dévastatrice. Cela me fait penser à un cornas en un peu brutal.
J'ai également bu un romorantin 2007 de Claude Courtois. Les arômes sont clairement oxydatifs, puissant, assez complexes. La bouche est concentrée, tonique, acide et très longue. J'aime beaucoup, c'est top avec un grand nombre de plats puissants tels que la poutargue, des sardines aillées...
Deux vins de fort caractère de part une gamme aromatique originale et des équilibres portée par une forte acidité: des vins pas vraiment consensuels...

Vins de femmes pour palais délicat

.G de France Gonzalvez: Que voilà une bien belle bouteille de Beaujolais! Finesse, élégance, sapidité, texture légère et fine. Un vin de femme quoi! En tout cas un vin comme je les aime. Certains pourrons trouver qu'il manque un peu de fond. Certes! Sans doute est-ce dû au fait que nous ne sommes pas sur un cru. On pourra alors le trouver un peu cher pour un simple Beaujolais village. Perso, vu le plaisir, je ne regrette vraiment pas mes 16euros (prix caviste).

L'affaire Giboulot ou de la difficulté d'être bio en France

Emmanuel Giboulot, viticulteur bio en Côte d'Or, a de gros ennuis avec la justice car il a refusé d'utiliser un pesticide alors que la préfecture, dans la volonté de stopper la cicadelle, en avait imposé son usage à tous. Emmanuel avait préféré utiliser des traitements bio contre se fléau afin de ne pas trop nuire à l'écosystème de ses vignes et en particulier aux abeilles.

Je ne sais pas trop quoi penser de cette affaire qui dépasse mais compétences aussi bien en droit qu'en biologie. Je m'en fait néanmoins l'écho car je trouve qu'elle soulève beaucoup de points intéressants concernant l'agriculture dans notre pays. Si vous le désirez vous pouvez avoir de plus amples renseignements ici. Vous pouvez même soutenir ce viticulteur en signant une pétition.


NB: En voyant cette affiche je comprends que les UMPistes n'aient pas trop envie de boire des vins natures! ;-) c.f. mon post précédent.

mardi 18 février 2014

Vin, politique et pouvoir d'achat

Ce week-end j'ai cheminé à pied dans Marseille et cela fût l'occasion de traverser différents quartiers et en particulier le 8ième arrondissement. A Marseille, rare sont les quartiers n'étant pas bien marqués politiquement. Mais certains en sont presque caricaturaux. Par exemple autour de la rue Paradis du côté du Prado (dans le 8ième donc), dans ce quartier bourgeois, jamais un politique de gauche n'a gagné ni ne gagnera une élection.
Lors de cette promenade, je me suis amusé à rentrer chez tous les cavistes que j'ai croisés. Pourquoi est-il quasiment impossible de trouver un vin d'artisan vigneron, engagé dans une démarche bio ou naturelle autour de la rue Paradis? On peut y acheter sans problème des bouteilles de négociants chères issues de terroirs prestigieux vendues bien trop jeunes pour être bonnes. Mais comment fait-on si on veut une belle bouteille pas hors de prix pour tout de suite? Les gens qui en ont les moyens refusent-ils de payer moins cher des vins meilleurs? Sont-ils prisonniers de leur pouvoir d'achat? Evitent-ils consciemment de faire travailler un vigneron artisan. Préfèrent-ils donner leur argent à des nantis du vin? Est-ce une forme de solidarité?
Je pense surtout que les cavistes ont tout intérêt à vendre des produits chers à des gens qui en ont les moyens. Pourquoi tenter de faire évoluer les choses alors que le commerce marche bien? Si le client est convaincu de boire ce qu'il y a de meilleur parce que c'est marqué sur l'étiquette, pourquoi l'éduquer à autre chose? Pourtant il arrivera bien un moment où même les gens des beaux quartier se rendrons compte, à l'occasion d'un voyage à New-York par exemple, que ce qu'ils boivent n'est tout simplement pas très bon...

lundi 17 février 2014

Pas (trop) chers et bons

Une jolie découverte avec ce gamay de Savoie 2012 du domaine des Ardoisières. C'est un vin un peu extrême car très acide mais offrant une belle aromatique acidulée sur la groseille. En bouche la matière est légère, c'est très salivant et ça finit agréablement sur les fruits rouges. Sachez tout de même que je suis particulièrement tolérant envers l'acidité; ce vin ne plaira pas à tous... Il coûte 12euros; c'est très correct.

Beaucoup plus consensuel mais néanmoins tout aussi respectable, ce superbe gewurztraminer 2011 du domaine  Hubert et Heidi Hausherr. Un vin sans soufre, parfaitement sec, offrant une aromatique riche et sensuelle, une bouche équilibrée sans lourdeur. Super avec une terrine de foie gras. Pour 13euros chez un caviste parisien, une belle affaire!
Vous cherchez un vin classe, en finesse, qui montre plus de longueur que de largeur, qui ne monopolise pas l'attention mais qui ne manque pas de présence à table? Pour 18euros vous pouvez vous offrir ce très beau Fleurie 2010 Au Bon Grés de Michel Guignier. Il aura en l'occurrence parfaitement joué son rôle lors d'un repas à Saturne (encore un beau repas dans ce restaurant parisien!).

jeudi 30 janvier 2014

L'essence du vin

Décidément, je me demande si le Jura, et tout particulièrement le village de Pupillin, n'est tout simplement pas un lieu majeur de la viticulture française, voire mondiale. Certains rouges qui en viennent sont uniques par leur fruit d'une liberté absolue. Comment être plus proche de l'essentiel? Au-delà ce ne serait plus du vin. La nature aurait dépassé l'homme et le breuvage ne ferait plus partie de la culture humaine. Mais qu'il est bon de fleureter avec cette limite... Pour cela goûtez ce Ploussard 2012 du couple Houillon-Bruyère. 

mercredi 29 janvier 2014

Les Affranchis 2014


Passage au Salon des Affranchis à Montpellier le week-end dernier. Plein de belles choses même si pas mal de vins souffraient sans doute d'avoir été transportés parfois depuis très loin. Impossible de tout déguster, nous nous sommes particulièrement concentré sur les vignerons que nous ne connaissions pas bien. Je classe ici selon trois catégories les vignerons qui m'ont le plus marqué:

Le top
- Julien Meyer car en-dehors de la cuvée Nature tout est parfait voir grandiose avec une parfaite cohérence dans la gamme: pureté, fraicheur et personnalité!
- Pour la grande maitrise qu'il met au service de choix personnels osés, Emile Hérédia a sa place dans cette catégorie.
- Marc Pesnot offre des vins d'une fraicheur étonnante sans jamais oublier la gourmandise. Belle cohérence de la gamme, grande maîtrise...

Forte impression 
- Les rouges de Binner sont vraiment excellents. Le 2009 (une cuvée spéciale) est digne d'un grand cru! Les blancs sont moins à mon goût.
- Le domaine des Bodines dont le savagnin et le pinot noir confirme la superbe impression que m'avaient faits le poulsard et le trousseau.
- Noëlla Morantin nous a fait gouter de bien beaux blancs, dont un pétillant naturel ébouriffant et également un gamay réjouissant.
- Le domaine le Briseau nous a également offert une belle dégustation avec des rouges faciles mais néanmoins plein de charme.

Intéressant
- Le Cours Cheverny d'Hervés Villemade (le 2008 en l'occurrence) est vraiment une superbe bouteille. Le reste me parle moins.
- Le savagnin du domaine Les Dolomies nous a fait une très bonne impression; la gamme manque néanmoins d'assurance.
- J'avais eu une très belle expérience avec un vin de Christian Venier; j'ai eu de mal à retrouver cette émotion lors de se salon sur des vins juste mis en bouteille.
- Le Saint Joseph de Jean Delobre m'ont bien plu malgré un petit manque de personnalité.

jeudi 16 janvier 2014

Quelques 2012

Cela fait maintenant quelques semaines que les 2012 sont rentrés en force dans ma cave. Pour l'instant tout ce que j'ai bu de ce millésime est fort sympathique. Que les vins soient du sud ou bien du nord j'ai trouvé comme point commun la fraîcheur, la gourmandise et une structure tannique assez puissante voir rustique. Cela en fait des vins déjà agréables malgré les tanins, mais j'ai l'impression qu'ils peuvent évoluer vers plus de finesse.
Tout ceci est une bonne nouvelle car la qualité de ce millésime n'était pas gagnée. En effet si le sud a subi la sécheresse et les orages, le nord était dans la grisaille et le froid en juin et juillet avec de grosses chaleurs en août. Dans tout le vignoble français, si les causes sont différentes, le résultat est un rendement extrêmement réduit. On pouvait a priori craindre que la qualité soit également faible. Cela ne semble pas être le cas, en tout cas sur les vins suivants qui sont tous recommandables:

Le morgon du domaine Chamonard et les fleuries de Julie Balagny pour le Beaujolais.

Le ploussard de Bruyères-Houillon et tous les rouges du domaine des Bodines pour le Jura.

Le Jeunes Vignes de Cyril Fhal et le rosé de Castex pour le Rousillon.

La Véjade de l'Anglore pour le Rhône sud.

Je vais bientôt récupérer mes 2012 de chez Souhaut pour le Rhône nord, mais il parait que c'est très bon.

Carte concernant l'insolation pour le mois de juin 2012.
France, terre de contraste!!

mercredi 8 janvier 2014

Une claque recue lors d'une pirouette

Pirouette 2010 de Fontedicto: Ce vin du Languedoc, tout en affirmant une personnalité clairement méridionale, n'en est pas moins pourvu d'une fraîcheur exquise apportée par une belle acidité et un fruit noir gourmand. Malgré des tannins un peu rustiques et granuleux, l'équilibre est génial et à table avec une choux braisé (avec pourtant pas mal de bouillon) on se régale véritablement. Impressionnant!

samedi 4 janvier 2014

Se contenter du meilleur

Cela faisait longtemps que Rémy et Nadine n'étaient pas venus manger à la maison. En plus, dans cette période de fête, j'y vis l'occasion de faire les choses bien, en tout cas au mieux. Au menu, poutargue à l'apéro, filet de loup en entrée et côte de bœuf avec une simple purée en plat. Simple mais tout au top. Pour les vins pareil, simple mais ce que j'ai de mieux dans ma cave: Le rosé du Roussillon Canta Mañana de Castex fût comme d'habitude à la hauteur de mes attentes en accompagnant super bien la poutargue mais également les olives au fenouil ou les tapas olives anchois. Le loup demandant un peu plus de finesse mais néanmoins de l'allonge, je choisis le Arbois-Pupillin chardonnay 2008 d'Houillon-Overnoy. Si l'accord fût bien sans être mémorable, le vin me sembla rayonnant de fraîcheur et de pureté tout en étant assez puissant et surtout bien long. Avec la côte de bœuf, pour moi c'est soit Rhône septentrional, soit Bourgogne. Cette fois-ci ce fut Nuits St. George Premier Cru, Clos des Corvées 1998 du domaine Prieuré Roch. Un vin encore jeune, presque un peu strict ,dont la structure tannique imposante se marie parfaitement au plat et dont les arômes floraux et épicés apportent une forme de plénitude. Trois super vins, trois bouteilles rincées...

samedi 28 décembre 2013

Saint Pierre et Chablis

Je suis au marché aux poissons, je prospecte, je fais des tours, je regarde bien et soudainement je vois un saint-pierre encore vivant d'un bon kilo; ça c'est pour moi! Cuit à la poêle au beurre avec un peu de citron et quelques câpres, c'est l'occasion de dégainer un beau vin blanc: Chablis La Forest 2002 de Dauvissat.
C'est le premier millésime que j'ai eu et voilà enfin la récompense de ces quelques années de patiences. Je me souviens que jeune le vin était ultra austère. Il n'est toujours pas d'une franche gourmandise mais il est bien ouvert, complexe, mellant arômes marins, fromagers et miellés. La bouche est droite, pleine, d'un équilibre irréprochable. Cette bouteille m'a néanmoins semblée moins prête que celle bue il y a presque un an ici mais qui venait d'une autre cave.

jeudi 26 décembre 2013

Un Noël en grande pompe!

Cette année nous avons fêté Noël à la maison, en famille. Cela fût évidemment l'occasion de sortir quelques belles quilles de ma cave. Comme souvent lorsque je réfléchis aux vins pour un repas, j'essaie de faire en sorte que chaque vin soit issu d'une région différente.
Nous avons commencé pour l'apéritif avec la cuvée Emilian Gillet 2008 du domaine de la Bongran qui représenta dignement la Bourgogne et en particulier le Maconnais avec de riches arômes et une texture ronde mais tout de même bien fraiche.
On alla ensuite dans le Jura sur le même cépage et le même millésime avec un splendide Grandes Teppes de Ganevat: les arômes floraux très subtiles sont accompagnés d'une bouche ayant la précision d'un sabre laser. Très supérieur au Chalasses VV du même millésime bu il y a peu qui était assez lourd à mon gout. Cela fit un bel accompagnement pour les Saint Jacques et le velouté de chou fleur légèrement assaisonné de curry.
On continua avec une délicate douceur venue d'Alsace sous le nom de Gruenspiel 2004 du domaine Marcel Deiss (riesling, pinot blanc gris et noir et gewustraminer). Encore une très belle bouteille avec une robe splendide, des arômes complexes, une toute petite touche de sucre contrebalancée par une belle acidité mais surtout de magnifiques amers. La persistance aromatique est assez impressionnante. Parfait avec le foie gras poêlé déposé sur des blinis à la chataigne.
Pour conclure nous finîmes avec un  Chateauneuf du Pape rouge Beaucastel 1995 qui représenta à lui seul les rouges et le sud. Un vin en place offrant une aromatique très plaisante, gourmande, avec une bouche plus fine que large mais manquant un peu de fond et d'allonge. C'est bon, cela accompagne très bien les poules faisanes, mais je reste un peu sur sa faim. Néanmoins bu il y a quelques années ce vin a bien évolué car je l'avais alors trouvé plutôt flué voir faible. Surprenant car un Vieux Télégraphe du même millésime était alors grandiose...

dimanche 22 décembre 2013

Bar de ligne ou plutôt loup de palangre

C'est un des poissons fétiches des gourmets. Dans le nord de la France on l'appelle le bar commun et on rajoute souvent "de ligne" afin de signifier qu'il n'est pas d'élevage. Cela est important car il est certain que la chaire de ce carnassier perd beaucoup de sa finesse en élevage.
Ici, à Marseille, on l'appelle le loup, ce qui va bien mieux à ce chasseur. Il est pêché la nuit non loin du phare de Planier au palangre. Ce week-end j'ai acheté une pièce de presque 2kg. Avec un poisson de cette taille il est facile de lever de beaux filets (6 en l'occurrence). Cela facilite la cuisson puis le dressage. En plus j'ai utilisé la tête pour faire un bouillon avec quelques graines de fenouil et d'aneth dans le but de faire un risotto que j'ai lié avec les œufs de ce qui c'est avéré être une femelle. Les filets sont cuits sur le peau à la poêle puis finis au four.
Avec un Carco 2010 d'Arena, vin plein de fraicheur et d'une délicate ampleur, on se régale de cette ensemble de merveilles que nous offre la méditerranée.

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