samedi 19 juillet 2014

Le juste prix

Avant, lorsque je cuisinais des crustacés comme par exemple les superbes langoustines de méditerranée que j'ai trouvées ce matin à La Boîte à Sardine, c'était l'occasion d'ouvrir une bouteille rare comme un Chablis de 15 ans d'âge de chez Raveneau. Maintenant je me contente d'ouvrir un vin pas cher et facile à trouver comme par exemple ce superbe Folle Blanche 2012 de Marc Pesnot; et franchement je me régale. Ça c'est la magie des vins natures: avec une bouteille à 11€ il est tout à fait possible de se régaler autant qu'avec un grand cru. Un autre exemple de ceci la semaine dernière. Avec une côte de veau corse j'avais envie d'un rouge élégant style pinot de Bourgogne. J'ouvre un Chambolle 2010 de Pacalet qui s'avère décevant. Ne voulant pas en rester là (si j'ai la cave pleine ce n'est pas pour m'emmerder à table!) j'ouvre le Fleurie Chavot 2012 de Balagny. Et bien vous me croirez ou pas, mais le Fleurie nous est apparu d'autant plus magnifique que le Chambolle était lourd et fatiguant. Quand je pense à tout l'argent que j'ai bêtement dépensé en achetant toutes ces grandes bouteilles en croyant qu'un jour j'atteindrai le nivarna; le marketing des soi-disant grands vins est drôlement efficace. À quand les crus du Beaujolais reconnus par l'UNESCO?

lundi 14 juillet 2014

Je suis toutjours là!

Cela fait longtemps que je n'ai rien écrit sur mon blog! Je ne me suis pourtant pas arrêté ni de boire  ni de manger. Mais en revanche cela fait un petit moment que je n'ai rien bu de nouveau qui me donne envie de vous en parler. En fait je ne fait que confirmer ce que je vous ai déjà dit: France Gonzalvez et Julie Balagny sont les championnes du Beaujolais. Les vins du Jura de Kagami sont lumineux. Sinon toujours mes grands classiques que sont Pfiferling avec en particulier la Véjade 2012 magnifique, tous les 2012 de Souhaut, le rosé Canta Manana de Castex dont je ne peux me lasser, les Chardonnay d'Houillon qui vieillissent tellement bien tout comme le chenin 2010 d'Hérédia...

Alors évidemment, tout ces vins sont dans ma cave mais voilà deux restaurants dans lesquels ils est possible d'en boire certains et beaucoup d'autres:

Le Pied de Nez au Castelet dans le Var avec une belle cuisine reposant sur des produits d'exception et des vins natures de qualité. En plus la vue est belle et le service fort agréable. Une addition mesurée laisse envie de laisser un bon pourboire!

A Arbois, même si la terrasse est moins sympa, la carte de la Balance Mets et Vins est fort alléchante et l'on n'est pas déçu par l'assiette! En plus la carte des vins est magnifique; tous les meilleurs du Jura y sont présents (ou presque). Le service est également super sympa et charmant...


dimanche 8 juin 2014

Un vin finalement très japonais



Etant à Paris à l'occasion d'un rendez-vous professionnel, dans les environs de Dendert Rochereau, j'en profite pour visiter la Cave des Papilles que je ne connaissais pas. Voilà un bien bel endroit dédié aux vins naturels. J'y ai trouvé en particulier une très belle sélection de vins du Jura et cela fût l'occasion de gouter un vin fait par un vigneron dont on m'avait dit le plus grand bien. Kejiro Kagami est un japonais installé dans le sud du Jura, à proximité de chez JF Ganevat, à Grusse. Il n'est pas né de la dernière pluie car avant de se lancer avec le Domaine des Miroirs, il avait travaillé avec Thierry Allemand et Bruno Schueller. Pour accompagner du poisson fumé le caviste me conseille la cuvée "Sonorité du vent" 2011, 100% chardonnay. Rapidement après l'ouverture les odeurs soufrées désagréables disparaissent pour laisser place à de subtiles notes florales et fumées. La bouche peut sembler dans un premier temps légère car elle ne développe rien ne pouvant apparaître comme étant lourd. Néanmoins on ne tarde pas à se rendre compte que le vin est d'une superbe longueur. La bouche a la même fraicheur que celle de l'eau de roche ce qui n'exclut un léger gras. Un vin magnifique, de grande classe qui l'air de rien, impressionne; à la japonaise quoi...

samedi 31 mai 2014

Repas marseillais

Repas à la maison cette semaine avec Nadine et Rémy (des amis de longue date) accompagnés de Josette et Gérard Alonso (dont j'ai déjà parlé de la table d'hôte à Aureille) qui nous ont fait le plaisir de venir à Marseille pour cette soirée. Evidemment, avec Josette et Gérard, pas question de boire autre chose que "nature"! On commence l'apéro "Pata Negra" avec un chardonnay 2003 d'Houillon-Overnoy et la cuvée Initial de Selosse (dégorgé début 2013 je crois) que Josette et Gérard nous ont apportée. Le chardonnay offre une aromatique assez complexe de tabac blond, de miel, de fumée. La bouche est assez large pour la région (effet 2003) mais reste équilibrée et bien longue. Le Champagne, sur de très belles notes oxydatives, est plus nerveux et malgré sa vinosité est plus élégant. Le texture du vin est très délicate. Je n'avais jamais eu l'occasion de gouter Selosse; cette bouteille était remarquable.
En entrée j'ai fait une espèce de risotto des Bouches du Rhône: riz rouge camarguais lentement cuit dans une soupe de poisson sur lequel j'ai déposé des filets de rascasse également cuits dans la soupe. Un peu de soupe par dessus et on sert. Sur ce plat fort iodé j'ose l'accord avec un rouge, en l'occurrence la mondeuse Champ Levat 2008 de Jean-Yves Perron. Le vin est excellent avec des arômes assez déroutants d'encre, de fruits acidulés... L'acidité est haute mais il y a largement assez de fond pour l'équilibrer même si l'ensemble peut paraître strict à certains. L'accord avec le plat est réussi!
En plat j'ai fait de la saucisse de Marseille avec des pommes de terres nouvelles, des navets nouveaux et des haricots verts. La saucisse marseillaise étant aromatisée au fenouil, je choisis des vins méridionaux: Kalisté 2010 du domaine U Stiliccionu et Véjade 2010 de l'Anglore. Je trouve le vin corse très bon mais force est de reconnaître que la comparaison avec la Véjade ne lui rend pas service. Ce dernier est peut-être le vin de la soirée car ici tout est évident: gourmandise, fraicheur, équilibre...
Au dessert on se régale avec les tartes aux fraises faites par Gérard. Notez que l'accord fraises-mondeuse est remarquable! Incroyable ce vin...
Pour conclure une super soirée!!

lundi 12 mai 2014

Pialade 2006 et 2007

Le Côte du Rhône La Pialade, issu des jeunes vignes de Rayas et Fonsalette est sans doute un des vins que j'ai le plus bu. Néanmoins, depuis quelques années je m'en était un peu lassé lui préférant des vins plus légers, moins mûrs. D'ailleurs le 2006 ouvert la semaine dernière avait un profil peu avenant type porto sec, un peu cuit. En revanche le 2007 bu hier était vraiment exceptionnel, la puissance et l'onctuosité du vin étant parfaitement maîtrisé. Du niveau d'un sacré Châteauneuf du Pape. L'accord avec un superbe tajine d'agneau aux fruits secs et navets était remarquable.

jeudi 8 mai 2014

Quelques confirmations

Peu d'activité sur le blog ses derniers temps alors que j'ai bu pas mal de beaux vins. Mais bon, pas mal de travail, un peu de flemme... De plus je bois beaucoup de vins dont j'ai déjà parlé dans ce blog; peu de découvertes mais néanmoins quelques confirmations.

La Syrah 2011 de Souhaut: Un vin que je n'avais pas eu faute de disponibilité. J'en vois une bouteille chez un caviste (Les Quilles à Toulon); je la prends histoire de voir. Les arômes sont délicats et la texture en bouche d'une finesse surprenante. Le vin se déploie en toute délicatesse, liberté et franchise; j'ai adoré.

Le rosé 2013 d'Alain Castex m'apporte un grand plaisir. On boit cela avec délectation, facilité. C'est pourtant assez complexe, il y a beaucoup de fond, une minéralité qui donne du tonus. Parfait à table avec la cuisine méditerranéenne printanière (légume, poisson, ail...).

Le Fleurie 2012 "Simone" de Julie Balagny. Je sais que ce vin ne se boit pas toujours bien; il va, il vient. Mais la seule bouteille que j'ai ouverte à la maison était tout simplement bluffante de finesse, d'équilibre, de plaisir. Le sentiment fort d'être face à un grand vin; une classe hors norme.

mercredi 23 avril 2014

Le fruit: l'ennemi du terroir?

Sur le câble, la chaîne Edonys est dédiée au vin. Notez que cette chaîne est localisée en Belgique car le droit français ne peut la tolérer... On y voit divers reportages très éclectiques. J'y ai en l'occurrence vu un court métrage sur M. Chapoutier; un espèce de film publicitaire. Durant ce film M. Chapoutier dit quelque chose du genre: Le fruit est au vin ce que le discourt est à la musique. Seules la texture et la saveur sont susceptible de mettre en valeur le terroir. D'après lui le fruit n'a d'intérêt que pour les vins à 3€...

Je dois reconnaître que j'ai vraiment du mal à comprendre ce type de remarque. Faudrait-il qu'un vin soit dénué de saveur fruitée pour être révélateur de son origine? Tien, j'ai utilisé le mot saveur! La saveur doit-elle être toujours autre que fruité alors que le vin est directement issu d'un fruit? Personnellement un vin qui n'offre que des saveurs de réglisse, de café, de poivre, de vanille, de bois, de suie, d'herbes, de pierre, de pluie, de champignon... s'il n'offre aucune saveur fruité ne me donne généralement qu'un plaisir limité, même s'il est vieux.

Afin d'enfoncer le clou M. Chapoutier dit même vinifier dans le but de contenir les arômes du vin (pour valoriser la texture?). Pourtant dans ce film on le voit souvent déguster dans des verres immenses qui n'ont que comme seul intérêt de valoriser les arômes!...

De mon point de vue il est tout aussi aberrant de vouloir restreindre les arômes fruités que de vouloir les exacerber. Pourquoi ne pas se contenter de mettre simplement en exergue la qualité du raisin? D'ailleurs le même M. Chapoutier dit quelque chose qui me parle bien mieux: Le travail à la vigne détermine la hauteur de l'échelle. Le vinificateur monte l'échelle.

vendredi 11 avril 2014

Pinot et gamay de Loire

A sa sortie j'avais acheté pas mal d'exemplaires de la cuvée Rouillon 2010 du Clos du Tue Bœuf. Et bien je ne regrette pas ce choix. Ces bouteille payées à peine plus de 10 euros continuent à m'enchanter. Le registre aromatique évolue gentiment avec l'âge mais c'est toujours très bon voire de mieux en mieux avec des notes plus épicées et florales que simplement fruitées. La bouche gourmande et salivante fait que le vin se comporte bien à table. Il ne m'en reste plus que deux; à boire ou à garder pour l'expérience...

lundi 7 avril 2014

Expériences mises en commun

Lors du salon la Remise à Marseille, j'étais un petit peu circonspect devant le nombre important de vins ayant des goûts déviants et en particulier le "goût de souris". Après discussion avec d'autres dégustateurs plus avertis que moi et avec des vignerons, il semblerait que ces déviances puissent apparaître sporadiquement dans un vin bousculé comme par exemple après un long trajet. Ces déviances disparaitraient après du repos. J'ai même compris que les vins jeunes étaient plus sensibles à ce phénomène. Avec l'âge ils seraient plus stables. Néanmoins je manque de recul pour confirmer cela  à partir de ma propre expérience. Un des avantages d'internet est de pouvoir être en contact avec de nombreuses personnes. Cela permet de sommer les expériences afin d'en tirer quelque chose de plus générale.


J'ai eu l'idée d'utiliser un forum (lapassionduvin) afin de faire une étude statistique sur le taux de satisfaction des dégustateurs de vins natures. En particulier j'ai eu envie de voir si le taux de vins déviants évoluait avec l'âge du vin et surtout dans quel sens. Si le taux augmente avec l'âge, c'est que les vins natures sont fragiles et doivent être bus rapidement; cela correspond à l'image que l'amateur de vin se fait généralement des vins natures. Si ce taux diminue c'est au contraire que les vins jeunes sont instables et méritent donc d'être attendus; cela correspond plutôt à ce que certains vignerons natures disent.
Evidemment il est impossible de faire cela sur tous les vins natures. J'ai ciblé un domaine depuis longtemps dégusté par un grand nombre d'amateurs: le domaine Barral à Faugère. Les participants devaient donner une note (top, moyen ou déviant) et l'âge du vin au moment de la dégustation. Je n'ai pas fait de distinction de cuvées (le blanc est exclut car trop rare). Je n'ai pas eu autant de participations que souhaité mais j'en ai tout de même tiré la courbe suivante:


Voici les résultats mis sous forme graphique (87 échantillons en tout, toutes les cuvées de rouge comprises). J'ai représenté en fonction de l'âge du vin le pourcentage de vins Tops, Moyens et Déviants. Il y a une gamme d'âge (de 8 à 10 ans) où je ai très peu de résultats. J'ai donc fait des moyennes d'âges. Ceci explique par exemple qu'il y ait un point à 7,2 ans. Les courbes dans la zone grisée ne sont pas représentatives car elles se contentent de relier deux points entre eux. Par exemple on ne peut pas dire qu'il y a 75% de Top à 9 ans. J'ai par ailleurs reporté une incertitude pour chaque point (reportée sur la courbe verte). Plus le nombre d'échantillons est faible, plus l'incertitude est élevée. Par exemple beaucoup de vins sont bus à l'âge de 3 ans et très peu à l'âge de 6 ans; la statistique y est donc moins fiable.

En ce qui concerne l'interprétation des résultats, voilà la mienne: Les comportements des courbes Moyen et Déviant ne se distinguent pas vraiment et ces deux courbes sont du même ordres de grandeurs. Cela révèle peut-être que la notion de déviance est variable en fonction de chaque dégustateurs. J'ai donc eu envie de représenter une courbe Médiocre qui somme les deux prés-citées. Cela simplifie la visualisation et l'interprétation.

Dans les trois ans qui suivent leur sortie (3, 4 et 5 ans) on a entre 60 à 70% de chance de se faire plaisir et donc de 30 à 40% d'avoir quelque chose de Médiocre (c'est à dire sans intérêt voire agressif). Cela devient encore plus délicat après quelques années (6, 7 ans) où ces taux flirtent avec les 50%. Avec les incertitudes il n'est pas exclu que la courbe Top soit en fait sous la barre des 50%! A ce niveau on peut alors penser que les vins sont en train de se détériorer. D'ailleurs les vins ne sont plus vraiment bus et je n'ai eu que très peu de retours de dégustations sur cette période d'âge.

En revanche à partir de 11 ans la Déviance devient marginale et presque tous les retours sont au Top. Cela dit, ces résultats doivent être tempérés par un nombre modeste d'échantillons (15/87). Ceci semble toutefois remettre en cause l'hypothèse selon laquelle les vins se détériorent à partir de 6 ans. On peut penser qu'à sa sortie le vin est instable, parfois Médiocre, parfois Top. Il subit ensuite une crise durant laquelle le vin semble dépérir. Mais cette crise mène le vin à une phase de stabilité d'au moins quelques années...

Evidemment tout ceci doit être pris avec des pincettes car il faudrait faire une étude à grande échelle. Néanmoins cela a au moins le mérite d'exister. Merci à ceux qui ont participé.

lundi 31 mars 2014

Trois belles rencontres

Bon, c'est mon 200ième post. Le temps passe, les vins défilent et les rencontrent se font. A Marseille, c'est La Remise. Un salon de vins natures issus de vignes situées au sud de Clermont Ferrand. Le salon est grand mais pas trop. Cela permet de parler aux vignerons, de prendre un peu le temps. A cette occasion j'ai fait trois belles rencontres.

D'abord Alain Castex de Banyuls d'une gentillesse assez incroyable qui nous livre des vins que j'ai encore du mal à saisir mais dont le rosé, lors du dîner vigneron, m'a à nouveau émerveillé (dommage il n'y en a déjà plus...).
Ensuite Bernard Belhassen, du domaine Fontedicto dans le Languedoc. Y a pas à dire le gars a pris de temps de réfléchir, d'observer avec acuité et sensibilité. Son Promise 2012 fait plus que promettre car il nous enchante déjà avec son fruit d'une fraicheur magnifique qui allié à une trame fine et serrée donne un "grand" vin.
 
Finalement j'ai passé un peu de temps à parler avec Pierre Beauger d'Auvergne, mon voisin de table au dîner. Le gars m'a impressionné par la volonté qu'il met dans sa démarche. C'est extrême mais c'est cohérent. Tous les vins goutés ce jour là étaient convaincants et pour certains grandioses...

lundi 24 mars 2014

Soirée sans soufre


J'aime bien avoir un thème pour choisir les vins d'une soirée. Là j'ai décidé de ne prendre que des vins fait que par des vignerons ayant fait le choix, assez extrême mais très courageux, de ne pas utiliser du tout le soufre, ni rien d'autre d'ailleurs (en tout cas on peut le supposer...)
En attendant que tout le monde soit là on commence avec la cuvée "Mer et Coquillage" 2011 de Meyer. Un beau vin d'assemblage de quelques cépages blancs alsaciens donne un vin léger, plein de fraîcheur, tonique sans agressivité.
Pour l'apéro "officiel" j'ouvre le Ploussard 2012 de Renaud Bruyère et d'Adeline Houillon. Un vin toujours aussi bon associant avec brio la légèreté et la présence en bouche. De plus le nez est vraiment très agréable et subtil.

A table, avec un tartare de bonite je sers "Le tir à blanc" 2013 de Castex; un blanc du Roussillon. Une bouteille ouverte quelques jours auparavant était magnifique de fruit, de fraicheur, de gourmandise et de subtilité. Ce soir le vin est malheureusement bien moins sympathique avec moins de tout plus une finale pas nette du tout. Première défaillance de la soirée...

Avec un poulet de Bresses on commence avec le pinot noir d'Alsace 2007 "LNO12" de Schueller. Le nez est vraiment magnifique, complexe très hédoniste. La bouche est légère mais pleine de charme et de gourmandise. Néanmoins cela évolue vite et la finale finit par se gâter avec un gout de souris émergeant. Dommage pour les dernière gorgées...

Pour finir le poulet on boit la mondeuse 2007 "Champ Levat" de Jean-Yves Péron. Une très belle bouteille à maturité pleine de fruit, de tension, très équilibrée malgré la forte acidité. L'aromatique est subtile d'abord sur les fruits noirs et la réglisse puis de plus en plus terpénique rappelant un peu un cornas.
Deux vins sur cinq se sont donc révélés très peu stables bien qu'un des deux ait donné beaucoup de plaisir avant de définitivement déraper. Il s'agit d'un blanc et d'un pinot noir. Cela confirme qu'il est très difficile de faire des blancs sans soufre et que le pinot noir d'Alsace est un cépage extrêmement délicat à travailler. Sur les dernières bouteilles goutées (Meyer, Schueller, Binner) la plupart étaient sinon flinguées, en tout cas très peu stables. Pour les blancs j'ai l'impression qu'un élevage long est nécessaire pour stabiliser les vins sans soufre; je pense en particulier aux vins d'Emanuel Houillon qui défient le temps sans difficulté.
Au final, je pense avoir très bien reçu mes amis (amateurs de vins natures) alors qu'aucune de ses bouteilles ne m'a couté plus de 25euros. J'ai en fait eu envie de leur faire gouter les vins qui ses derniers temps m'avaient particulièrement plu et qui pour beaucoup ont déjà été commenté dans ce blog.

dimanche 16 mars 2014

Escapade Ardèchoise

Dans le sud de l'Ardèche on fait des vins méridionaux ronds et puissants. Dans le nord, au niveau de Tournon, on fait plutôt des vins septentrionaux. Les terroirs y sont sans le moindre doute de grande qualité avec les superbes coteaux de Cornas et de Saint Joseph taillés par le Rhône qui érode la bordure orientale du Massif Central. Il y a même un endroit où le Rhône a séparé le Massif Central en deux; justement entre Tournon et Tain l'Hermitage. Il en résulte un des plus grands terroirs de France: la colline de l'Hermitage. Bon, le seul problème est que ce coteau est situé en Drôme juste en face de l'Ardèche dont il est issue. Mais l'honneur est sauf car le vigneron le plus réputé de l'appellation et faisant parti de l'élite mondiale, le domaine Jean-Louis Chave, est situé à Mauves en Ardèche.

Lors d'une journée bien chargée j'ai eu le plaisir de visiter le domaine Thierry Allemand à Cornas, le domaine Jean-Louis Chave puis celui d'Hervé Souhaut à Arlebosc. Le genre de balade dont on revient les yeux pleins d'étoiles avec quelques vins hors normes casés dans la mémoire et la promesse de futurs beaux repas avec le coffre plein.
* Chez Allemand les 2011 sont très bons avec une mention toute particulière au "Sans Soufre" qui allie d'une certaine façon la gourmandise du Chaillot et la rectitude du Reynard. Sinon, parmi le Chaillot 2010, le Reynard 2008, le Chaillot 2004 et le Reynard 1998, je retiens surtout le 2004 qui m'a donné un très très grand plaisir avec des notes légèrement évoluées mais tellement fines et en même temps une belle vivacité faisant de la bouche une belle gourmandise. Paradoxalement le 98 est encore un peu jeune, assez dur. Le 2008 est approchable avec une bonne aération; il y a du plaisir.

* Chez Chave j'ai globalement été déçu par les 2012 en cours  d'élevage: beaucoup de réduction, des fonds de verre souvent boisés, des finale un peu lactées. Mais il y a des exceptions, et comme la dernière fois que j'avais dégusté dans cette cave, le vin issu de la parcelle de l'Hermite m'est apparu comme vraiment exceptionnel. L'Hermitage rouge 1995 bien que très bon mérite encore un peu de temps en bouteille alors que le 1971 mêle l'émotion au simple plaisir hédoniste. De toute la dégustation c'est le vin offrant le fruit le plus frais avec de très belles notes végétales. Il n'est pas d'une grande complexité ni d'une grande longueur, signant un millésime sans doute moyen, mais c'est tellement bon! Finalement, même si les blancs de cette région ne m'attirent pas particulièrement (je les trouve difficile à accompagner à table et vraiment très chers), les blancs de Chave sont tout de même exceptionnels avec des équilibres incroyables alliant une texture huileuse à la fraîcheur. J'ai presque préféré la fugueuse jeunesse du 2011 à l'attitude plus posée du 2000.
* Après un peu de route j'arrive finalement chez Souhaut. On déguste les 2013 en cours d'élevage qui seront mis en bouteilles au mois de mai. Les vins semblent en effet prêts, plein de vie et de fraîcheur avec une belle pureté aromatiques et des maturités mesurées. Mention particulière à la Souteronne et au Saint Epine. Il y a une nouvelle parcelle de Saint Joseph qui fera une nouvelle cuvée et que j'ai également beaucoup aimée (son nom m'échappe). On goûte ensuite la Souteronne et la Syrah 2012 en bouteille. La Souteronne est assez pleine, très épicée alors que la Syrah est plus spontanée, plus fraîche mais également plus courte.


Dans la cour du domaine Allemand où des cavistes américains sont venus déguster en groupe. Au premier plan une bouteille du superbe Sans Soufre 2011.

Une fois sortie de la cave la sublime robe de l'Hermitage 1971 se révèle dans la cour du domaine Chave.

Dégustation de la Souteronne sur une table placée en face d'un superbe paysage bucolique; un bon moment passé en compagnie du vigneron. Il ne manquait que quelques charcuteries...

mardi 11 mars 2014

Une valeur sûre?...

J'écris ce message, non suite à la dégustation d'une seule bouteille, mais après un certain nombre de bonnes expériences. Aucune d'elles ne fût vraiment exceptionnelle mais l'ensemble confirme l'excellence du domaine du Briseau dans la maîtrise du pineau d'Aunis: des vins de table avec de la mâche, de la fraicheur, de la gourmandise, de la franchise et de la personnalité... Des vins natures que l'on peut proposer sans crainte lors d'un repas de famille.

Les Longues Vignes 2012

lundi 3 mars 2014

Couscous et vins méditerranéens

Couscous en famille!
On commence pas un apéro avec des olives de Nyons et des feuilletés avec des graines soit de sésame, de carvis, d'anis ou de pavot. Pour cela le Patrimonio blanc 2011 de Nicolas Mariotti Bindi fût le parfait compagnon: fraicheur, gras, un vin assez aromatique mais pas trop. Le bouteille est flinguée à la vitesse grand V.
Vient ensuite le couscous d'hiver avec de la courge, des navets, des carottes, du cèleri, des artichauts et des pois chiches; boulettes et souris d'agneau confites. Certains préconisent un rosé, perso j'ai préféré un rouge pouvant sous certains aspects faire penser à un rosé: Rozetta 2011 de Maxime Magnon. Un vin méridional dans son expression aromatique florale et épicée avec un texture douce. La structure tannique très légères fait qu'il s'associe très bien aux légumes du couscous. Un excellent compagnon de table qui ne fît pas long feu.
Finalement appelé à la rescousse, le Patrimonio rouge 2011 de Nicolas Mariotti Bindi succède avec un style très différent: le vin est plus austère sur des arômes balsamiques, de fruit noir et d'encre (souvenirs d'écolier). La bouche est plus tendue, longue, fraiche. J'aime beaucoup ce vin bien que l'accord avec le couscous soit moins sensuel.

jeudi 20 février 2014

Les vins de l'extrême

Il y a certaines bouteilles que je me réserve car je sais qu'il y a de bonnes chances qu'elles ne plaisent pas à d'éventuels hôtes. En effet il s'agit de vins un peu particuliers mais que personnellement j'aime beaucoup.
Ce week-end par exemple j'ai ouvert une mondeuse Champ Levat 2007 de Jean-Yves Péron. Le vin est très bon alliant des arômes de violettes, de fruits acidulés, de sang... La bouche est concentrée avec une structure fine, équilibrée malgré une acidité assez dévastatrice. Cela me fait penser à un cornas en un peu brutal.
J'ai également bu un romorantin 2007 de Claude Courtois. Les arômes sont clairement oxydatifs, puissant, assez complexes. La bouche est concentrée, tonique, acide et très longue. J'aime beaucoup, c'est top avec un grand nombre de plats puissants tels que la poutargue, des sardines aillées...
Deux vins de fort caractère de part une gamme aromatique originale et des équilibres portée par une forte acidité: des vins pas vraiment consensuels...

Vins de femmes pour palais délicat

.G de France Gonzalvez: Que voilà une bien belle bouteille de Beaujolais! Finesse, élégance, sapidité, texture légère et fine. Un vin de femme quoi! En tout cas un vin comme je les aime. Certains pourrons trouver qu'il manque un peu de fond. Certes! Sans doute est-ce dû au fait que nous ne sommes pas sur un cru. On pourra alors le trouver un peu cher pour un simple Beaujolais village. Perso, vu le plaisir, je ne regrette vraiment pas mes 16euros (prix caviste).

L'affaire Giboulot ou de la difficulté d'être bio en France

Emmanuel Giboulot, viticulteur bio en Côte d'Or, a de gros ennuis avec la justice car il a refusé d'utiliser un pesticide alors que la préfecture, dans la volonté de stopper la cicadelle, en avait imposé son usage à tous. Emmanuel avait préféré utiliser des traitements bio contre se fléau afin de ne pas trop nuire à l'écosystème de ses vignes et en particulier aux abeilles.

Je ne sais pas trop quoi penser de cette affaire qui dépasse mais compétences aussi bien en droit qu'en biologie. Je m'en fait néanmoins l'écho car je trouve qu'elle soulève beaucoup de points intéressants concernant l'agriculture dans notre pays. Si vous le désirez vous pouvez avoir de plus amples renseignements ici. Vous pouvez même soutenir ce viticulteur en signant une pétition.


NB: En voyant cette affiche je comprends que les UMPistes n'aient pas trop envie de boire des vins natures! ;-) c.f. mon post précédent.

mardi 18 février 2014

Vin, politique et pouvoir d'achat

Ce week-end j'ai cheminé à pied dans Marseille et cela fût l'occasion de traverser différents quartiers et en particulier le 8ième arrondissement. A Marseille, rare sont les quartiers n'étant pas bien marqués politiquement. Mais certains en sont presque caricaturaux. Par exemple autour de la rue Paradis du côté du Prado (dans le 8ième donc), dans ce quartier bourgeois, jamais un politique de gauche n'a gagné ni ne gagnera une élection.
Lors de cette promenade, je me suis amusé à rentrer chez tous les cavistes que j'ai croisés. Pourquoi est-il quasiment impossible de trouver un vin d'artisan vigneron, engagé dans une démarche bio ou naturelle autour de la rue Paradis? On peut y acheter sans problème des bouteilles de négociants chères issues de terroirs prestigieux vendues bien trop jeunes pour être bonnes. Mais comment fait-on si on veut une belle bouteille pas hors de prix pour tout de suite? Les gens qui en ont les moyens refusent-ils de payer moins cher des vins meilleurs? Sont-ils prisonniers de leur pouvoir d'achat? Evitent-ils consciemment de faire travailler un vigneron artisan. Préfèrent-ils donner leur argent à des nantis du vin? Est-ce une forme de solidarité?
Je pense surtout que les cavistes ont tout intérêt à vendre des produits chers à des gens qui en ont les moyens. Pourquoi tenter de faire évoluer les choses alors que le commerce marche bien? Si le client est convaincu de boire ce qu'il y a de meilleur parce que c'est marqué sur l'étiquette, pourquoi l'éduquer à autre chose? Pourtant il arrivera bien un moment où même les gens des beaux quartier se rendrons compte, à l'occasion d'un voyage à New-York par exemple, que ce qu'ils boivent n'est tout simplement pas très bon...

lundi 17 février 2014

Pas (trop) chers et bons

Une jolie découverte avec ce gamay de Savoie 2012 du domaine des Ardoisières. C'est un vin un peu extrême car très acide mais offrant une belle aromatique acidulée sur la groseille. En bouche la matière est légère, c'est très salivant et ça finit agréablement sur les fruits rouges. Sachez tout de même que je suis particulièrement tolérant envers l'acidité; ce vin ne plaira pas à tous... Il coûte 12euros; c'est très correct.

Beaucoup plus consensuel mais néanmoins tout aussi respectable, ce superbe gewurztraminer 2011 du domaine  Hubert et Heidi Hausherr. Un vin sans soufre, parfaitement sec, offrant une aromatique riche et sensuelle, une bouche équilibrée sans lourdeur. Super avec une terrine de foie gras. Pour 13euros chez un caviste parisien, une belle affaire!
Vous cherchez un vin classe, en finesse, qui montre plus de longueur que de largeur, qui ne monopolise pas l'attention mais qui ne manque pas de présence à table? Pour 18euros vous pouvez vous offrir ce très beau Fleurie 2010 Au Bon Grés de Michel Guignier. Il aura en l'occurrence parfaitement joué son rôle lors d'un repas à Saturne (encore un beau repas dans ce restaurant parisien!).

jeudi 30 janvier 2014

L'essence du vin

Décidément, je me demande si le Jura, et tout particulièrement le village de Pupillin, n'est tout simplement pas un lieu majeur de la viticulture française, voire mondiale. Certains rouges qui en viennent sont uniques par leur fruit d'une liberté absolue. Comment être plus proche de l'essentiel? Au-delà ce ne serait plus du vin. La nature aurait dépassé l'homme et le breuvage ne ferait plus partie de la culture humaine. Mais qu'il est bon de fleureter avec cette limite... Pour cela goûtez ce Ploussard 2012 du couple Houillon-Bruyère. 

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