mercredi 3 août 2016

La RVF

La Revue des Vins de France, la RVF pour les intimes, est LE mensuel français destiné aux amateurs de vins. Il en existe d'autres, comme leRouge&leBlanc, mais la RVF est le seul à se trouver facilement dans tous les lieux de vente de presse. A mes yeux ce qui y est écrit représente le main-stream de ce que les pro et les amateurs pensent. Lorsque l'on débute en tant qu'amateur c'est clairement une bonne lecture. Mais au cours du temps chacun fait son propre chemin et l'on s'oriente alors vers d'autres sources d'information comme les forums sur le net.

Pris au retour de mes vacances dans les grèves d'Air-France, j'ai eu un peu de temps à tuer et plus rien à lire. J'ai alors acheté la RVF. Cela était d'autant plus motivant que sur la couverture représentant trois vins, deux sont natures. En plus, les sujets traités sont entre autres le Beaujolais et les rouges du Jura; deux régions que j'affectionne tout particulièrement.

Force est de constater qu'en tournant les pages du magazine, l'appréciation sur les vins natures a bien changée depuis les dernières années durant lesquelles je n'ai pas lu cette revue. Quelque soit la région abordée (Loire, Beaujolais, Jura, Alpilles, Provence...) les vignerons natures y sont considérés sans distinction particulière et y tiennent bien souvent une place de choix. Seul dans l'article dédié au Beaujolais, une rubrique leur ai réservée. On remarque dans les notes de dégustations une tolérance qui n'était pas de mise il y a quelques années: un peu trop de volatil est jugé comme étant dommage, alors qu'auparavant cela aurait été inacceptable.

En revanche ce qui n'a pas changé, c'est ce besoin de noter les vins. C'est vrai que cela rassure l'amateur non averti. Si l'on doit prendre ces notes au pied de la lettre, celles relatives aux vins rouges du Jura sont particulièrement élevées et semblent placer ces vins au sommet. Je suis évidemment totalement en accord avec cette conclusion. De plus il est remarquable de noter que le classement est dominé par des vins natures avec en particulier un 18,5/20 obtenu par un poulsard du domaine Labet. Je suis finalement heureux de voir que ces vins que j'aime tant sont maintenant plébiscités par la presse classique.

Alors qu'un forum comme La Passion du Vin (LPV pour les intimes!) pouvait il y a quelques années paraître comme une bouffée d'oxygène comparé à une presse confite, on est en droit de se demander si c'est toujours le cas. Sur LPV il est encore nécessaire de se défendre d'aimer les vins natures; dans ce monde d'amateurs avertis où la déviance est la faute absolue! Il faut dire que certains ont tellement investi d'énergie et de temps à exprimer leur mépris pour ces vins qu'ils vont avoir du mal à se renier. Peut-être serait-il temps qu'un autre espace de convivialité vierge voit le jours?...

Dans la note de dégustation du poulsard 2014 de Julien Labet qui est en première place sur cette couverture, on parle d'émotion... 

mardi 2 août 2016

Voyage en Bretagne nord


Ce périple en Bretagne de Rennes jusqu'à Roscoff en passant par Cancale et Carantec aura été l'occasion de goûter à la cuisine locale dans quelques belles adresses.

On commence par Rennes dans un restaurant simple, le Tire Bouchon, offrant un rapport qualité prix remarquable mais surtout une carte des vins diabolique! C'est un trésor encore préservé car sans doute peu connu. Cela fût pour moi l'occasion unique de goûter enfin au vin jaune de Pierre Overnoy. Le 98 était proposé à 150 euros sur table. Le vin était très fin, tout en longueur et en énergie avec une matière veloutée. Je m'attendais néanmoins à un peu plus de complexité et de définition dans les arômes.

A proximité de Cancale il y a le restaurant Le Coquillage, un des nombreux établissements de Roellinger. Cela fait des années que j'achète ses épices et ses poivres. Ce voyage était enfin une occasion de goûter une cuisine qu'il inspire. Le cadre est magnifique, la vue sur la baie apaisante. On choisit le menu dégustation et on me donne la carte des vins. Je ne m'y attendais pas, mais elle est totalement orientée vers les vins natures. Le choix est large, surtout en Loire, mais je m'oriente vers la cuvée Mizuiro 2013 de Kenjiro Kagami. Décidément on boit beaucoup de Jura en Bretagne! Ce chardonnay s'ouvre sur des notes réduites de cacahouète et d'allumette. La bouche est un peu perlante. On carafe le vin qui après un petit quart d'heure sera presque parfaitement en place mais évoluera de mieux en mieux au cours du repas. Il finira sur une précision et une tension magnifique avec une belle longueur salivante. Il aura été quasi parfait avec l'ensemble des plats exclusivement basés sur les produits de la mer. D'ailleurs, ce repas fut extraordinaire! L'équilibre est le maître mot de cette cuisine qui valorise subtilement des aliments d'une qualité parfaite. La technique et les assaisonnements sont discrets mais parfaitement maitrisés. Pour finir le chariot de dessert est tout simplement à se damner! Dire que ce restaurant n'a qu'une étoile au Michelin; c'est incompréhensible...

Un autre moment fort du voyage fut notre passage chez Patrick Jeffroy à Carantec. Une fois encore, la vue est magnifique. La baie de Morlaix est réellement un endroit à la beauté envoûtante. Ici pour exactement le même prix que chez Roellinger nous avons droit à un classique entrée-plat-fromage-dessert. La carte des vins est très classique voire plutôt ennuyeuse. Même en vin classique ma cave personnelle offre bon nombre de références plus intéressantes. Quelques exceptions sont les Hermitages de Chave, le Bourgognes de Roulot, les Sancerres de Boulay... Je choisis le Bourgogne blanc 2012 de Roulot. A l'ouverture on reconnait le style bourguignon par un boisé de belle qualité et une jolie réduction. En bouche il n'y a pas beaucoup de vin mais c'est bien équilibré. Avec l'aération le vin aura malheureusement tendance à s'aplatir un peu. En ce qui concerne la cuisine, cette dernière est à l'image de la carte des vins: plate. Il y a beaucoup d'ingrédients dans les assiettes, mais l'ensemble est brouillon et généralement dominé par un assaisonnement. Les langoustines et la truffe d'été sont totalement dominées par une bisque. Le veau et les petits légumes écrasés par un fond de veau sans doute épaissi avec un fond brun. D'ailleurs le morceau de veau est une simple escalope très grasse. Mon lieu jaune était bon mais les légumes étaient peu savoureux; d'ailleurs est-ce encore la saison des fèves et des petits pois?... Quand je pense que cette table a deux étoiles au guide Michelin... Si on le compare au Coquillage, c'est à n'y rien comprendre.

Le vin jaune d'Overnoy au Tire Bouchon à Rennes.
 
Le plateau d'entrée froide au Coquillage avec une vue sur la baie du Mont Saint Michel.
 
La baie de Morlaix vue depuis le restaurant de Patrick Jeffroy.

mercredi 27 avril 2016

Ode à la délicatesse

Certaines fois j'ai envie de servir ce que j'ai de mieux en cave. Cela me vient pour les chouettes occasions comme ici la venue d'un ami proche que je n'avais pas vu depuis longtemps. De plus, avec cet ami, nous partageons cette passion pour le vin et en particulier le vin nature. Voilà donc une soirée sans le moindre ml de soufre ajouté et sans la moindre déviance!
Actuellement mon best seller en blanc est le Cotillon des Dames 11 de Jean-Yves Perron. Ce vin a tout: finesse, fraîcheur, belle présence en bouche, finale expressive. De plus il s'accorde facilement à bon nombre de plats et même dans ce cas précis à des pâtes à la poutargue.
En rouge nous avons bu un ploussard 2012 de Houillon Overnoy, un vin malheureusement très rare mais tellement bon. Il est d'une légèreté désarmemente mais offre tellement de belles choses dans le verre! En particulier la complexité et l'élégance sont remarquables vis à vis de l'âge et du cépage. Avec le lapin à la moutarde c'est top; cela rend le vin encore plus expressif.
Finalement pour le fromage nous repassons au blanc avec un Noël de Montbenault 11 de Richard Leroy. Il y a beaucoup de réduction à l'ouverture donnant au nez des arômes marqués de sésame grillé peu élégants. Cela s'estompera avec le temps mais ne disparaîtra pas. Néanmoins le vin est très beau avec une belle allonge et beaucoup d'énergie apportée par des notes fraîches de végétal et de fruit. Avec le beaufort c'est parfait.
Les trois vins étaient au rendez vous; ils n'ont pas déçu. Les deux premiers étaient parfaitement en place et je m'étonne encore de voir la qualité que l'on peut atteindre avec des cépages si rustiques sur de terroirs de second plan. Deux vins toutefois à réserver aux amateurs de délicatesse plutôt que de puissance. Le dernier, d'un pedigres plus prestigieux gagnera évidemment à être attendu. Le plaisir était plus abstrait, moins évident avec ce vin assez puissant mais moins fin.

dimanche 3 avril 2016

Trois 2012 et un 2007

Un petit message pour vous faire part de 4 vins magnifiques bus ces dernières semaines.

Encore un superbe vin corse de Sébastien Poly: Kalisté 2012. La cuvée la plus charnue de Sébastien que j'avais trouvé un peu trop puissante cet été. Dans un contexte plus hivernal et quelques mois de plus dans la bouteille le vin est superbe de gourmandise méditerranéenne sans la moindre lourdeur avec des notes assez complexes.

Le Chavot 2012 de Balagny est le genre de vin qui comme le précédent offre un équilibre assez incroyable entre la gourmandise et la tenue. C'est d'une fraicheur redoutable avec une belle rondeur en milieu de bouche et une finale bien traçante.

J'en Veux 2012 de JF Ganevat est un rouge d'assemblage de divers cépages. Cela lui confère un charme  particulier car aromatiquement c'est assez original. Les équilibres sont assez proches de ceux du vin de Balagny avec moins d'ampleur mais encore plus de buvabilité.

Enfin typiquement la bouteille qui met tout le monde d'accord: Jadis 2007 de Barral. Il y a quelques années ce vins était très (trop) tonique. Là il m'a subjugué par son évidence, sa densité impressionnante, son équilibre parfait. Sur cette bouteille, un grand vin!

samedi 5 mars 2016

Laisser le temps au temps

C'est vrai que l'on a tendance à boire les vins naturels dans leur jeunesse. En effet ils expriment alors un fruit libre parfois irrésistible. Pourtant, comme tous les vins, ils ont besoin de temps pour se mettre en place et offrir un profil plus serein sans défauts, avec des arômes bien définis et une bouche équilibré. C'est alors que je les aime le plus. Un parfait exemple sont les vins natures (sans soufre) de Michel Guignier qui dans leur jeunesse sont assez irréguliers, un peu caractériels. Mais avec une année ou deux de bouteille cela devient magique. Par exemple, actuellement, le Beaujolais Village "La Bonne Pioche" 2011 est parfait, et cela depuis quelques mois. Du nez à la finale le vin déroule sans creux et sans excès de subtiles notes de fruits rouges et de fleures violettes typique du gamay sur granit. Laissez reposer vos vins tranquillement en cave et oubliez les tracasseries habituellement associées aux vins naturels.

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