jeudi 5 février 2015

Vins natures de garde

Avec un ami, il y a peu, nous discutions des inconvénients de notre passion pour les vins natures. Le plus gros problème est qu'il nous est devenu presque impossible d'apprécier un vin rouge ayant subi une dose "conventionnelle" de soufre. Cela enlève, et de façon semble-t-il définitive, un quelque chose qui fait toute la différence (pour les blancs cela est bien plus discutable). C'est un problème car les rouges naturels sont très souvent fait sur le modèle de la macération semi carbonique. Cela donne des vins certes plaisants, mais même bien fait, cela génère un profil aromatique caractéristique. Nous sommes donc condamné à boire beaucoup de vins ayant ce profil. Considérant que la variété est une richesse, je me sens parfois un peu enfermé.

Après 4-5 ans de pratiques assidues des vins natures, j'aimerais aussi des vins dont le vigneron, en pigeant, n'a pas eu peur d'extraire quelques tannins, quitte à déplaire lors de salons où le fruit est le maître mot. D'ailleurs, c'est tout simplement en cherchant dans ma cave que je trouve certains de ces vins: les Cornas de Thierry Allemand, le Veilles Vignes de Cyril Fhal, certains Gramenon, les Saint Joseph d'Hervé Souhaut, peut-être les Racines de Claude Courtois, et les vins élevés en amphores d'Elisabetta Foradori. Alors évidemment, bien qu'ils soient pour certains sans soufre, il faut savoir attendre ces vins.

Ma dernière expérience est celle d'un Sgarzon 2010 de Foradori. Après une heure d'ouverture  le nez commence à pointer joliment, mais bien que très fine la bouche reste toute la soirée un peu monolithique et plutôt ferme. La plaisir est limité. 48h plus tard, alors que la bouteille est restée à température ambiante juste bouchée, le vin est enfin ouvert. Le nez est complexe alliant des notes de fruits noirs, de zan et de ronce. La bouche n'a rien perdu de sa finesse ni de sa fraicheur mais a largement gagné en fruit et en gourmandise. Tout ceci se retrouve jusque dans la belle finale.

3 commentaires:

  1. C'est étrange, Sgarzon est le vin d'Elisabetta Foradori que j'apprécie toujours le moins. Toujours trop dur, trop fermé, des tannins trop serrés et secs. Et le moins complexe... Certainement du à la nature du sol. Sableux, si ma mémoire est bonne.
    Il faut absolument essayer la cuvée éponyme et le "Granato"...

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  2. J'ai eu l'occasion de gouter tous les vins de Foradori lors d'un salon il y a quelques années. En effet Elisabetta m'avait bien précisé que ce vin était issu d'un terroir sableux. Mais sa conclusion, que mes sensations gustatives confirmaient, était que cela donnait au contraire de ce que tu dis un vin aux tannins fins avec une texture assez aérienne. Le Morei était en comparaison plus dur et le Granato très puissant avec une sensation d'alcool. Je me souviens aussi de très beaux blancs.
    En revanche, où je te suis c'est que ce vin est très souvent fermé. Cette dernière expérience montre qu'une très longue aération (48h!) peut être la solution à ce problème. Un peu comme Rayas qui est également issu d'un terroir sableux...

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  3. Je sais bien que "théoriquement" les sols sableux donnent des vins plus souples et légers. Je déguste les vins d'Elisabetta tous les ans depuis cinq ans, et je n'y arrive pas avec le Sgarzon... mais il est vrai que les bouteilles ne sont jamais ouvertes depuis 48h...
    Quant aux blancs secs, ils sont effectivement de toute beauté. Avec de plus en plus de complexité aromatique au fil des ans.

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