lundi 26 novembre 2012

Le Nature aussi, demande de la patience


Il m'arrive d'écrire, en plus de mon Blog, sur un forum (lapassionduvin) où beaucoup d'amateurs de vin se rencontrent. Il y en a pour tous les gouts, toutes les régions; cela permets de s'instruire et d'échanger. Cela permets également de confronter ses opinions. Si vous connaissez mon blog vous savez que j'ai un penchant pour les vignerons dit "nature", c'est à dire des vignerons qui pensent que le vin se fait à la vigne et qui souhaitent donc intervenir le moins possible à la cave avec comme but ultime de ne même pas utiliser de soufre. Je ne sais pas pourquoi je suis attiré par ces vins, mais au quotidien, lorsque je me demande ce que je vais boire je choisis généralement un de ces vins dits "natures". Depuis, le soutien de ma femme à ma passion, est plus évident...

Pourtant, lorsque je raconte mes expériences sur ce forum, certaines personnes qui ne partagent pas mes gouts sentent une certaine propension de ma part à bien supporter les bouteilles défectueuses par conviction. S'agissant de conviction, en matière de vin, je n'en ai pas.

Ce qui m'intéresse ici concerne plutôt la bouteille défectueuse. Le but de chaque amateur de vins, lorsqu'il descend dans sa cave, est de se faire plaisir. Or, être systématiquement comblé relève évidemment de l'utopie. Si mon choix s'oriente vers un vin nature, je garde bien à l'esprit que parfois, le vin ne sera pas à la hauteur de mon attente. Par exemple, des arômes désagréables peuvent surgir et le vin rappelle alors furieusement la piquette de nos aïeux. Il sera alors facile à n'importe qui de dire que le vin n'est pas bon; l'amateur averti dira plutôt déviant. Si un vin plus classique offre un profil austère voir fermé, un peu dur avec le bois qui ressort, l'amateur averti expliquera que ce vin de garde doit encore vieillir et le commun des mortels ne sera pas trop quoi en penser. Et finalement, personne ne prendra de plaisir.

Mais n'est-il pas envisageable que le vin nature, définitivement qualifié de déviant, ne soit en réalité que dans une mauvaise phase? En discutant avec les vignerons je comprends de plus en plus que même les vins natures demandent de la patience. Parmi les vignerons sérieux, nombre attendent plusieurs mois après la mise en bouteille avant de vendre leur vin. Ces vins, objectivement fragiles et très réactifs, sont traumatisé par la mise et peuvent offrir un profil incertain durant une longue période. En ce qui concerne le consommateur, il est important de laisser les vins se reposer après un long transport; surtout si cela implique un changement de région (de la Bourgogne à la Provence pour parler de ce que je connais!).

Au final, boire un vin dans une mauvaise phase, qu'il soit nature ou pas, n'est jamais très agréable et n'est souvent d'aucun intérêt gustatif ou hédoniste. Seul ceux qui boivent par conviction (la conviction que le vin de garde doit être attendu, attendu, attendu..., ou bien celle que le vrai vin doit sentir fort des pieds tel un fromage au lait cru peut sentir l'ammoniaque...) peuvent y prendre un plaisir... spirituel.

2 commentaires:

  1. Il est en tout cas ptêt plus envisageable kil n'y ait pas de mauvaise phase dans un vin matraqué par la technochimie...

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  2. En effet! Mais j'aime à penser que tous les vins "non natures" ne sont pas matraqués. Par exemple un simple Bourgogne 09 de Dugat bu récemment, bien que jeune, était superbe! J'adore également les Chablis de Dauvissat; avec un peu de garde. Et il y en a d'autres... mais tant que cela non plus!

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