L'art d'accorder le vin et les plats repose sur l'expérience, l'audace, mais surtout sur la chance. L'idéal est que le cuisinier goûte les vins en cuisinant de façon à ajuster l'assaisonnement. Je pense avoir réussi deux accords, en l'occurrence lors du même repas:
Avec le Rouge 2010 (pinot noir) de Prieuré-Roch nous avons mangé des pavés de saumons grillés avec une tombée d'épinard et un beurre rouge. Le vin était bien ouvert, pinotant avec beaucoup de fraîcheur et une belle acidité. Le côté fruit rouge et l'acidité du vin se marie bien avec le plat sobrement assaisonné. Notez que ce plat s'accorde également très bien avec un pinot de Loire.
Avec un ossobuco je choisis un vin italien; le Sgarzon 2010 du domaine Foradori. Le vin est jeune, fruité et épicé, avec une belle matière fine et dense. Il y a beaucoup de fraîcheur et une belle longueur fruité. Les qualités de ce vin sont mis en exergue par le plat qui est pourtant très parfumé avec des agrumes et de l'ail. Je suis content d'avoir trouvé un vin méridional aussi fin et pourtant capable de supporter des plats méditerranéens.
lundi 28 janvier 2013
jeudi 24 janvier 2013
Régime... de croisière
Peu de vin bu ces derniers temps; mais tout de même un peu!
La Souteronne 11, c'est à dire le gamay ardéchois d'Hervé Souhaut
se boit très bien avec une belle densité mais toujours de la gourmandise et de
l'élégance avec des arômes subtiles de fruits rouges, d'herbe fraiche et de
réglisse.
Le Quartz 10, c'est à dire le sauvignon de Sologne de Claude
Courtois offre un plaisir en retenu avec beaucoup de fond. Un très beau vin de
table sur des notes fines de fruits blancs et d'épices.
La Tranche fleurie 11, c'est à dire le Fleurie de
négoce de Philippe Jambon est tout à fait dans la même lignée que le Chirouble 10 commenté ici: une gourmandise de folie, de la fraicheur, pas beaucoup de
subtilité.dimanche 13 janvier 2013
Encore un grand Chablis
Chablis premier cru La Forest 2002 de Vincent Dauvissat: Robe jeune, nez puissant, complexe, envoûtant! Miel, fleures blanches, coquille, algue... La bouche est puissante, ferme, longue, profonde! La richesse globale du vin pourrait faire craindre une lourdeur mais ce n'est jamais le cas, même au réchauffement. Vraiment magnifique et merci à l'ami qui m'a cédé cette bouteille à prix domaine (négligeable pour cette qualité).
Famille et vins natures; tout le monde est content
Parents, beaux parents; il me faut choisir des vins faciles, sympas et qui me plaisent. Le plat principal (basé sur des morilles à la crème) impose un blanc; l'entrée (crevettes sautées) également. Je choisis donc un rouge pour l'apéro: Cheverny "Rouillon" 2011 du Clos du Tue Bœuf. Je découvre ce millésime sur cette cuvée que j'aime beaucoup (mélange de gamay et pinot noir). Comparé au 2010 il y a plus de gourmandise et un peu moins de fraîcheur. C'est vraiment très bon avec du fruit mais également des notes intéressantes de terre.
Avec les crevettes ce sera un Miss Terre 2010 de Marc Pesnot (muscadet en vin de pays). J'aime beaucoup, c'est bien aromatique, c'est rond mais la fraîcheur est toujours parfaitement présente. C'est très bien avec les crevettes malgré les épices et la coriandre.
Finalement avec le feuilleté aux morilles et filet mignon (accompagné d'un gratin de potimarron) ce sera un Côte du Jura "Les Chamois du Paradis" 2004 de Ganevat. Robe dorée, nez plutôt discret mais subtile sur des notes fumées, fromagères, mentholées... Bouche élégante avec une belle tension mais sans austérité. C'est très équilibré, le temps passé en bouteille a épuré le vin mais pour accompagner le plat un peu plus de gras aurait été un plus. La finale est belle, longue, salivante; excellent!
Avec les crevettes ce sera un Miss Terre 2010 de Marc Pesnot (muscadet en vin de pays). J'aime beaucoup, c'est bien aromatique, c'est rond mais la fraîcheur est toujours parfaitement présente. C'est très bien avec les crevettes malgré les épices et la coriandre.
Finalement avec le feuilleté aux morilles et filet mignon (accompagné d'un gratin de potimarron) ce sera un Côte du Jura "Les Chamois du Paradis" 2004 de Ganevat. Robe dorée, nez plutôt discret mais subtile sur des notes fumées, fromagères, mentholées... Bouche élégante avec une belle tension mais sans austérité. C'est très équilibré, le temps passé en bouteille a épuré le vin mais pour accompagner le plat un peu plus de gras aurait été un plus. La finale est belle, longue, salivante; excellent!
samedi 12 janvier 2013
Ma première Amoureuses... m'a trompé
Hier soir j'avais quelque chose à fêter. Un truc qui m'a apporté une belle satisfaction. J'avais donc envie de marquer le coup, sans faire le petit bras, en ouvrant une bouteille sérieuse. Je vais chez le boucher, il y avait des poulets de Bresse; je pense à Bourgogne rouge... Puis me vient l'idée d'ouvrir ma bouteille d'Amoureuses 2006 de Groffier (le premier cru de Chambolle-Musigny). Ce premier cru, dans l'imaginaire de l'amateur, représente la quintessence de ce qu'un grand bourgogne peut offrir dans le domaine de la finesse. Le domaine Robert Groffier par ailleurs est un domaine mythique qui offre des vins ultra séducteurs bons à tout âge. Bref j'arrive tout excité à la maison, je trouve rapidement la bouteille dans la cave puis je la débouche. La robe est dense, très jeune. Le nez est rapidement séducteur pour aller vers des notes de cerises, de fleurs et de ronces qui signent indiscutablement le grand vin. La bouche offre un bon volume, la matière est puissante mais pas envahissante avec des tannins poudreux très élégants. Malheureusement le milieu de bouche manque de gourmandise mais surtout la finale est marquée par des notes toastées qu'il est facile d'attribuer à l'élevage sous bois. Avec l'augmentation de la température le vin chauffe un peu en finale (défaut assez récurrent pour les vins de ce domaine). À table c'est plaisant mais sans plus; le nez en revanche reste juste grandiose.
Vu le nez, on ne peut pas penser que le vin soit fermé. En revanche il est trop jeune; le bois n'est pas encore intégré. Le problème est qu'une fois que cela sera fait, il n'est pas impossible que le fruit se soit fané (comme un Clos St. Jacques 2001 de Rousseau bu il y a quelques mois).
Bref, j'en reviens à mon post précédent; Sachant qu'avec le prix de cette bouteille je peux m'offrir un carton de 12 de Chamonard, je ne suis pas prêt de m'arrêter de boire du Morgon...
Vu le nez, on ne peut pas penser que le vin soit fermé. En revanche il est trop jeune; le bois n'est pas encore intégré. Le problème est qu'une fois que cela sera fait, il n'est pas impossible que le fruit se soit fané (comme un Clos St. Jacques 2001 de Rousseau bu il y a quelques mois).
Bref, j'en reviens à mon post précédent; Sachant qu'avec le prix de cette bouteille je peux m'offrir un carton de 12 de Chamonard, je ne suis pas prêt de m'arrêter de boire du Morgon...
jeudi 10 janvier 2013
Un petit bilan...
Là, durant quelques jours, j'ai décidé de ne plus ouvrir de
vin. Suite à ces fêtes, mon corps me demande un peu de répit. En ce début
d'année cela est l'occasion de faire un petit bilan vinique de cette année
2012. C'est l'année où l'envie de créer
ce blog m'est apparue; ma passion était tellement grande que j'ai ressenti
l'envie de la partager. Cela me "soulage" un peu en me donnant l'occasion de
poser "sur la feuille" mes impressions.
Sinon, lorsque l'on pense bilan vinique, on pense souvent
aux grands vins bus durant l'année. Et c'est là que je me rends compte que
je me suis éloigné de cette quête absolue, celle du très grand vin. Je suis
plus dans une démarche de plaisir simple "au quotidien". Néanmoins
quelques bouteilles ressortent du lot en s'apparentant à des grands vins: Le
Clos 95 de Dauvissat, la Grange des Pères 01, la Réserve des Célestins 2000 de
Bonneau, la Montée de Tonnerre 95 de Raveneau, la Côte Rôtie cuvée Lancement 04
d'Ogier... Dans tout ceci, il n'y a pas de découverte. Rien que du très
classique, du très recherché. Suffit-il alors de boire ce type de vin pour être
certain de tomber sur un grand vin? Non, car pour ces quelques bouteilles
grandioses beaucoup d'autres, a priori de même calibre, ont été ouvertes sans
donner beaucoup d'émotion.
L'émotion, en matière de gastronomie, peut venir de ce
qu'il y a de plus simple. Par exemple un beau poulet bien rôti, avec des légumes
dans le jus et un Verre des Poètes d'Emile Hérédia. Si tout est au top, cela
relève du miracle culinaire, presque indépassable! Et si pour une raison ou une
autre, le miracle n'a pas lieu, cela reste raisonnable au niveau de la dépense; et en ces temps de crise...
lundi 7 janvier 2013
14 ans et toutes ses dents
Morgon 1998 du domaine Chamonard: Quelle chance de pouvoir boire un tel vin! Un Morgon de 14 ans, loin d'être fatigué. La robe est magnifique, brillante, pas trop dense. Le nez est rapidement puissant sur des notes fruitées, épicées, de terre, fumées, de cèpes secs. La bouche offre les mêmes arômes. Il y a beaucoup de fraîcheur, un fruit gourmand en milieu de bouche et la finale étonnamment longue est bien fruitée. L'ensemble se boit très vite malgré une certaine rusticité: tanins et un peu d'alcool en finale. Mais y a du vin là-dedans!! Miam!!
samedi 5 janvier 2013
Retour à la normalité
Les fêtes sont finies; c'est le retour à une cuisine simple. Avec un onglet et une purée de pommes de terre, il serait tout de même dommage de nerien boire. J'ai envie d'un cru du Beaujolais. Mais comme il faut un peu de puissance pour l'onglet je choisis un Morgon 2009 du domaine Chamonard. Le vin est agréable dés l'ouverture et restera très bon pendant deux jours (j'essaie de boire lentement!). C'est un vin très gourmand, aux tannins bien mûrs. Le fruit est plus noir qu'à l'accoutumée (effet 09) et la finale plutôt longue et puissante. Déjà bon mais je pense que si le fruit ne disparaît pas, le vin devrait gagner en finesse avec un peu de temps en bouteille.
Avec des filets de bonite (une palamide pour être plus précis) juste accompagnés de riz épicé, j'ai envie de renouveler l'expérience avec le Saint Bris 2010 de Nicolas Vauthier. Le nez est puissant et vraiment très excitant sur les fruits exotiques comme le fruit de la passion. La bouche est sèche, dotée d'une belle acidité, tonique et bien équilibrée. Le lendemain le vin n'a pas bougé et accompagne très bien des petits rougets.
jeudi 3 janvier 2013
Petit tour à la Capitale
Après mon passage en Bourgogne, direction Paris. C'est toujours pour moi l'occasion de manger au Bistrot Paul Bert. Dès que je rentre dans la salle l'ambiance joyeuse et la vue des assiettes me comble de bonheur. Toutefois nous serons cette fois-ci particulièrement sage après ces fêtes et nous nous contenterons d'un petit menu et de vin au verre. Nous choisissons toutefois les desserts à la carte: île flottante et baba au rhume; mythique!
Avec un ami nous avons envie de nous retrouver au Verre Volé; une adresse "historique" pour le vin nature. Afin d'accompagner un bœuf bourguignon nous choisi l'Irancy 2010 de Nicolas Vauthier; et voilà une nouvelle réussite pour ce négociant! La fraîcheur et le fruit plus des petits tannins qui roulent pour donner du relief. Top avec le plat.
Le soir nous nous retrouvons chez mon ami qui me fait goûter en particulier un Sancerre rouge 2010 de Sébastien Riffault: une bombe de finesse avec des parfums fruités et minéraux complexes et une belle fraîcheur en bouche!
Avec un ami nous avons envie de nous retrouver au Verre Volé; une adresse "historique" pour le vin nature. Afin d'accompagner un bœuf bourguignon nous choisi l'Irancy 2010 de Nicolas Vauthier; et voilà une nouvelle réussite pour ce négociant! La fraîcheur et le fruit plus des petits tannins qui roulent pour donner du relief. Top avec le plat.
Le soir nous nous retrouvons chez mon ami qui me fait goûter en particulier un Sancerre rouge 2010 de Sébastien Riffault: une bombe de finesse avec des parfums fruités et minéraux complexes et une belle fraîcheur en bouche!
mardi 1 janvier 2013
Bonne année!!
Après quelques repas sans beaucoup de satisfaction vinique et après le passage d'un rhume carabiné, nous voilà enfin réunis avec de bons amis amateurs de vin, pour fêter le changement d'année. Cela se passe loin de chez moi, en Bourgogne. Les vins venant de loin avaient été transportés plusieurs semaines avant. Dés l'ouverture des premiers bouchons nous comprenons que ça goute bien; nous allons donc nous faire plaisir. Néanmoins certains vins (les Rhône Nord) avaient été choisis pour accompagner des pigeons; or des obligations logistiques impose un changement de menu et ce sont plutôt des carrés d'agneaux qui seront mangés.
Beaucoup de vins ont été bus et je vais ici parler de ceux qui m'ont particulièrement marqués, en bien, ou en mal.
Un des vins de la soirée sera Le Montée de Tonnerre 1995 du domaine Raveneau en magnum: complexe, fin, d'une belle persistance. Superbe avec un tartare de St. Jacques et pas ridicule du tout avec le foie gras. Grand vin qui ne génère pas beaucoup de commentaires tellement il est évident! Le Meursault "Chevaliers" 2007 du domaine Germain offre un profil tendu et épuré pour l'appellation. C'est un beau vin. La cuvée Marguerite 2007 de Ganevat à base de Melon à queue rouge (un proche cousin du chardonnay) offre tension, fraicheur et plaisir; je lui reproche juste un nez un peu simple. Beau vin. La plus grosse déception viendra d'un puligny premier cru 2005 du mythique domaine Leflaive parfaitement oxydé. Quand on connait le prix de ces vins, quelle honte... Une autre bouteille très chère mais qui a montré les qualités d'un grand vin: Côte Rôtie "Lancement" 2004 du domaine Ogier. Lancement est une parcelle extrêmement qualitative de la côte blonde, là où les vins offrent le plus de finesse. Ici le nez est complexe, envoûtant, sur des notes florales assez sauvage, des épices et un côté viande crue que j'adore. La bouche est construite autour d'une structure très dense mais très élégante. L'acidité très haute rend le vin non consensuel, mais de mon point vue l'équilibre est remarquable. On souhaiterait un peu plus de chair pour un peu plus de gourmandise, mais la finale d'une immense longueur me comble au plus haut point. Grand vin!
Sur l'agneau le Chateauneuf du Pape Vieux Télégraphe 98 offre le plus de plaisir. Un très beau vin. Je suis un des rares à ne pas avoir trop aimé la Grange des Pères 2009: trop figue à la cassonade, bien que tout à fait équilibré. Finalement le Cornas 99 "vieilles fontaines" de Voges était vraiment excellent. Le vin parfait pour accompagner une côte de bœuf. Magnifique!
Tout cela aura plus ou moins bien accompagné un excellent repas avec un grand nombre de plats. Le lendemain aucun mal de tête à l'horizon...
Beaucoup de vins ont été bus et je vais ici parler de ceux qui m'ont particulièrement marqués, en bien, ou en mal.
Un des vins de la soirée sera Le Montée de Tonnerre 1995 du domaine Raveneau en magnum: complexe, fin, d'une belle persistance. Superbe avec un tartare de St. Jacques et pas ridicule du tout avec le foie gras. Grand vin qui ne génère pas beaucoup de commentaires tellement il est évident! Le Meursault "Chevaliers" 2007 du domaine Germain offre un profil tendu et épuré pour l'appellation. C'est un beau vin. La cuvée Marguerite 2007 de Ganevat à base de Melon à queue rouge (un proche cousin du chardonnay) offre tension, fraicheur et plaisir; je lui reproche juste un nez un peu simple. Beau vin. La plus grosse déception viendra d'un puligny premier cru 2005 du mythique domaine Leflaive parfaitement oxydé. Quand on connait le prix de ces vins, quelle honte... Une autre bouteille très chère mais qui a montré les qualités d'un grand vin: Côte Rôtie "Lancement" 2004 du domaine Ogier. Lancement est une parcelle extrêmement qualitative de la côte blonde, là où les vins offrent le plus de finesse. Ici le nez est complexe, envoûtant, sur des notes florales assez sauvage, des épices et un côté viande crue que j'adore. La bouche est construite autour d'une structure très dense mais très élégante. L'acidité très haute rend le vin non consensuel, mais de mon point vue l'équilibre est remarquable. On souhaiterait un peu plus de chair pour un peu plus de gourmandise, mais la finale d'une immense longueur me comble au plus haut point. Grand vin!
Sur l'agneau le Chateauneuf du Pape Vieux Télégraphe 98 offre le plus de plaisir. Un très beau vin. Je suis un des rares à ne pas avoir trop aimé la Grange des Pères 2009: trop figue à la cassonade, bien que tout à fait équilibré. Finalement le Cornas 99 "vieilles fontaines" de Voges était vraiment excellent. Le vin parfait pour accompagner une côte de bœuf. Magnifique!
Tout cela aura plus ou moins bien accompagné un excellent repas avec un grand nombre de plats. Le lendemain aucun mal de tête à l'horizon...
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