vendredi 30 novembre 2012

Les jambes en l'air, mais droit dans ses bottes


Avec une entrecôte venue directement de l'Aubrac et une simple purée de pommes de terres et de navets, j'ouvre cette bouteille rapportée il y a maintenant quelques semaines de mon dernier périple vinicole: Fleurie "En Rémont" 2010 de Julie Balagny. Ce vin pourtant sans soufre offre des arômes très purs de fruits rouges, de fleures roses avec une petite pointe végétale assez classe. Il faut laisser le vin se réchauffer tranquillement afin de profiter pleinement de la bouche qui se montre fine, gourmande et toujours très équilibrée (même à température ambiante). Juste un peu plus de longueur aurait été le bienvenu. Néanmoins le vin est suffisamment présent en bouche pour bien accompagner le plat.
 
 

lundi 26 novembre 2012

Le Nature aussi, demande de la patience


Il m'arrive d'écrire, en plus de mon Blog, sur un forum (lapassionduvin) où beaucoup d'amateurs de vin se rencontrent. Il y en a pour tous les gouts, toutes les régions; cela permets de s'instruire et d'échanger. Cela permets également de confronter ses opinions. Si vous connaissez mon blog vous savez que j'ai un penchant pour les vignerons dit "nature", c'est à dire des vignerons qui pensent que le vin se fait à la vigne et qui souhaitent donc intervenir le moins possible à la cave avec comme but ultime de ne même pas utiliser de soufre. Je ne sais pas pourquoi je suis attiré par ces vins, mais au quotidien, lorsque je me demande ce que je vais boire je choisis généralement un de ces vins dits "natures". Depuis, le soutien de ma femme à ma passion, est plus évident...

Pourtant, lorsque je raconte mes expériences sur ce forum, certaines personnes qui ne partagent pas mes gouts sentent une certaine propension de ma part à bien supporter les bouteilles défectueuses par conviction. S'agissant de conviction, en matière de vin, je n'en ai pas.

Ce qui m'intéresse ici concerne plutôt la bouteille défectueuse. Le but de chaque amateur de vins, lorsqu'il descend dans sa cave, est de se faire plaisir. Or, être systématiquement comblé relève évidemment de l'utopie. Si mon choix s'oriente vers un vin nature, je garde bien à l'esprit que parfois, le vin ne sera pas à la hauteur de mon attente. Par exemple, des arômes désagréables peuvent surgir et le vin rappelle alors furieusement la piquette de nos aïeux. Il sera alors facile à n'importe qui de dire que le vin n'est pas bon; l'amateur averti dira plutôt déviant. Si un vin plus classique offre un profil austère voir fermé, un peu dur avec le bois qui ressort, l'amateur averti expliquera que ce vin de garde doit encore vieillir et le commun des mortels ne sera pas trop quoi en penser. Et finalement, personne ne prendra de plaisir.

Mais n'est-il pas envisageable que le vin nature, définitivement qualifié de déviant, ne soit en réalité que dans une mauvaise phase? En discutant avec les vignerons je comprends de plus en plus que même les vins natures demandent de la patience. Parmi les vignerons sérieux, nombre attendent plusieurs mois après la mise en bouteille avant de vendre leur vin. Ces vins, objectivement fragiles et très réactifs, sont traumatisé par la mise et peuvent offrir un profil incertain durant une longue période. En ce qui concerne le consommateur, il est important de laisser les vins se reposer après un long transport; surtout si cela implique un changement de région (de la Bourgogne à la Provence pour parler de ce que je connais!).

Au final, boire un vin dans une mauvaise phase, qu'il soit nature ou pas, n'est jamais très agréable et n'est souvent d'aucun intérêt gustatif ou hédoniste. Seul ceux qui boivent par conviction (la conviction que le vin de garde doit être attendu, attendu, attendu..., ou bien celle que le vrai vin doit sentir fort des pieds tel un fromage au lait cru peut sentir l'ammoniaque...) peuvent y prendre un plaisir... spirituel.

vendredi 23 novembre 2012

Promenade dans la Vieille Europe


Les français oublient souvent que si le Bordelais, la Bourgogne, la Loire et bien d'autres sont clairement des régions historiques du vin, il en existe d'autres ailleurs en Europe. Par exemple en Italie la région de Barolo offre au monde l'expression la plus aboutie d'un cépage "roi" qu'est le Nebbiolo. Les vins issus de ce terroir aux coteaux abruptes combinent finesse et force, haut degrés d'alcool et fraicheur, austérité et complexité. Plus au nord, en Allemagne, sur les rives vertigineuses de la Moselle, le riesling (un autre cépage "roi") trouve son expression la plus septentrionale et donc une des plus élégante. Les degrés en alcool sont faibles (souvent inférieur à 10°) et les sucres résiduels importants; l'équilibre de ces vins peut en dérouter plus d'un.

Hier soir un ami est venu manger à la maison. Pour commencer nous avons bu un Weingut Heymann-Löwenstein Winninger Uhlen Roth Lay Riesling Erste Lage 2007 (qui s'essaie à le dire à voix haute?!). Ce domaine vinifie des riesling secs, contrairement à la coutume locale. Il reste néanmoins un peu de sucre dans cette bouteille dont le cépage est rapidement retrouvé à l'aveugle. Les arômes sont sur les fleures blanches, le raisin et un peu de citron. La bouche est assez aérienne, légère mais les arômes perdurent longtemps en bouche. C'est parfait pour commencer la soirée.

A table, afin d'accompagner le faisan avec des marrons, des topinambour et des navets, j'ai choisi un Barolo Rocche 1999 du domaine Vietti (une maison majeure dans la région). En dégustation pure le vin est très puissant bien que d'un bel équilibre tout en force et longueur. A table le plat met en relief les tannins puissants du vin et même un peu l'alcool; l'accord n'est pas réussi. Mais au final je pense que ce vin n'est pas encore prêt.

Finalement, avec un comté rapporté de mon dernier périple dans le Jura, nous revenons en France avec un savagnin ouillé (longtemps) 1999 d'Houillon-Overnoy. Le nez est très fin, assez intense sur les notes classiques d'un vin de type oxydatif. La bouche est très fine, tendue mais pas austère avec un côté eau de roche. La finale est juste ultime, incroyablement longue et expressive sur des notes de morilles et d'épices: totalement exceptionnelle!!
 
 
 

lundi 19 novembre 2012

Le Chat n'a pas peur de la chaleur...

Morgon 2003, domaine Chamonard: 2003, année de la fameuse canicule... Depuis, dés qu'il fait un peu chaud, les médias se précipitent dans les maisons de retraites. Beaucoup de vins de ce millésimes offrent des arômes cuits et lourds avec une matière parfois asséchante et un équilibre franchement perfectible. Bref, pas le genre de vin que l'on a envie d'avoir dans sa cave ni sur sa table. Pourtant, après avoir bu ce morgon il y a maintenant plus d'un an au domaine, dés que l'occasion s'est présentée, j'en ai acheté. Je regoute donc pour la première fois, tranquillement, chez moi. La robe est plutôt légère à la forte turbidité, faisant penser à un vin assez évolué. Les 8 ans que le vin a passé dans la bouteille apporte un côté épicé (encens) qui s'associant aux fruits rouges, aux agrumes même, donnent beaucoup de plaisir. La bouche est fraiche un peu amère, gourmande, les tannins certes un peu rustiques, mais la finale étonnamment fruitée et expressive. Un vin qui n'est pas sans défauts mais qu'il est rudement plaisant de boire. Avec une saucisse italienne et des lentilles, c'est superbe!




Thévenet à Clessé

Viré Clessé, Emilian Gillet 2008: La famille Thévenet dans ses œuvres: belle robe dorée, brillante. Le nez dans un premier temps sur la croute de fromage évolue vite sur des notes plus sympathiques de pain, de sésame, de miel, florales. La richesse de la bouche est parfaitement contenue par la matière imposante du vin. L'acidité allonge la bouche qui finit assez longue. Parfait pour commencer un beau repas de fête en famille! Néanmoins, un vin en début de vie qui gagnera sans doute encore en complexité et harmonie générale.




mercredi 14 novembre 2012

Avec une pensée pour...


Il ya des jours, comme ça, où la vie nous envoie des signaux nous rappelant que l'existence n'est qu'un passage pouvant s'interrompre à tout moment. Il est donc de notre devoir de faire honneur à la chance que l'on a de pouvoir en profiter. Ce dimanche soir, où une tranche de jambon braisé et des pomme de terres sautées sont au menu, je décide donc d'ouvrir le vin qui va parfaitement accompagné ce plat simple: Arbois-Pupillin rouge 2011 d'Houillon-Overnoy. Ce vin rare nous régale par sa délicatesse, sa fraicheur, son naturel hors-norme. Que de plaisirs! Ca au moins, c'est fait...

samedi 10 novembre 2012

Encore un superbe Chablis


Bu à table chez un ami en la compagnie du vigneron qui a apporté ce vin: Chablis Les Clos 1997 de Vincent Dauvissat. La robe est encore très jeune. Le nez est dans un premier temps sur des notes de craie légèrement miellée. Cela évolue en prenant de l'ampleur vers des notes résinées puis florales; c'est très fin et complexe. La bouche n'est pas d'une grande puissance mais d'une belle longueur avec un équilibre impeccable. Bien qu'avec un peu moins de fraicheur et de précision que le 95 bu l'été dernier (ici), ce vin est tout de même excellent.

Dugat 2009


Bu chez un ami un superbe Bourgogne 2009 de Claude Dugat: le nez est très ouvert, fin, précis assez simple mais super agréable. La bouche est ample, délicate, plutôt gourmande bien qu'un peu serrée en finale. Très beau vin d'une belle pureté. Son défaut majeur: la difficulté à en trouver...
 
 

2011 de Cousin


En 2011 chez Cousin, tout est bon. Après avoir gouté le gamay, puis le grolleau, vient le tour du Pur Breton (cabernet franc) d'Olivier Cousin: la robe est assez dense, le nez bien que super jeune est assez profond, très agréable. La bouche est assez tannique, dense mais super fraiche et très équilibrée. Superbe à la simple dégustation mais également à table.

dimanche 4 novembre 2012

Boulay et Barral

Repas dominical en famille: Tartare de bonite avec fenouil croquant suivi d'un sauté de veau (sauce au vin rouge) avec polenta aux olives noires. Pour accompagner cela j'ai choisi un Sancerre "Les Monts Damnés" 2008 de Gérard Boulay et un Faugères "Jadis" 2007 de Barral. Le blanc est assez riche, bien ouvert sur des notes florales et fruitées assez intenses. La bouche est assez large, gourmande et finie bien nette sans la moindre lourdeur. Un peu plus de longueur aurait été appréciable. L'accord avec le tartare est excellent. Le rouge offre une robe très jeune, presque violine, très dense. Le nez est sauvage, sur des notes d'encre, de fruits noirs, de réglisses. La bouche est tonitruante, très gourmande, fraiche et longue; en un mot remarquable! Avec le veau, c'est une tuerie...

Deux superbes vignerons, deux superbes terroires sur de très beaux millésimes.

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