dimanche 30 septembre 2012

Je relis mon blog, dans un verre...


Sur un blog on dit des choses, on fait des commentaires, on donne son avis. Lorsque cela concerne des vins peu commentés par ailleurs on aimerait ne pas dire trop de bêtises. Donc lorsqu'il m'arrive de rouvrir une bouteille récemment commentée je me demande toujours si je vais devoir faire un erratum! Ce week-end je confirme la formidable qualité du Cheverny 2010 La Caillière du Clos du Tue Bœuf (ici): un pinot noir de plus en plus pinot et de moins en moins simple. L'équilibre est presque celui d'un blanc; l'accompagnement d'un saumon au beurre rouge et d'une tombée de pousses d'épinard était original et magnifique. Je confirme également que le Patrimonio blanc Les Hauts de Carco 2011 d'Aréna (ici) est un superbe vin concentré presque glycériné et pourtant tenu par une belle minéralité. Un bel accord avec une daurade royale et des fenouils braisés. Finalement La Rozeta 2011 de Maxime Magnon (ici) m'a en revanche un petit déçu comparativement à ma précédente dégustation. Un vin avec une belle aromatique florale et épicée, une belle bouche assez puissante et longue mais en l'état une légère pesanteur en finale qui nuit à la "buvabilité"; la retenue qui m'avait tant plu n'est plus... Toutefois avec un cassoulet je me suis fait grandement plaisir!

vendredi 28 septembre 2012

Grand vin à petit prix

Roussette de Savoie 2008, Domaine Dupasquier: Monsieur Dupasquier fait parti de ces vignerons attachants, de ceux qui travaillent beaucoup parce qu'ils aiment que les choses soient bien faites. En même temps le succès rencontré par ses vins ne lui monte vraiment à la tête; son cru de Marestel est en effet considéré comme un des plus grand vin de Savoie. Néanmoins, en dehors de ce magnifique cru il y a d'autres cuvées (encore moins cher!) qui, si elles n'offrent pas l'originalité baroque du Marestel, restent des vins magnifiques. Je pense en particulier au Chardonnay et à cette Roussette bue hier soir. Pour un vin à 7,5 euros la puissance, la tension et l'harmonie du vin sont juste incroyables. De plus le vin est très aromatique et les 3 ans de bouteilles lui donnent une complexité qui n'est pas sans rappeler un beau riesling alsacien.

Une photo du Bonhomme trouvée ici.

mercredi 26 septembre 2012

Qu'est-ce qu'on boit ce soir? Attends je regarde la météo...


J'ai une idée de sujet de thèse: Influence des conditions climatiques sur la dégustation du vin.

En effet, pas exemple en ce moment (à Marseille) où le vent change tout les jours de sens tout en étant soutenu avec un coup un ciel bas et l'autre coup un ciel limpide, ça goute mal. Les vins ne sont pas en place, l'alcool ressort sur les vins du sud. Les vins du nord sont fermés ou brouillons. Le boisé est souvent omniprésent... Bref, on ne prend pas beaucoup de plaisir. Alors le temps influence-t-il le vin ou le dégustateur; ou même les deux?... je ne sais pas et je ne trouve pas de réponse.

Quoiqu'il en soit, si je puis me permettre de donner un conseil, éviter d'ouvrir une bouteille dont vous attendez beaucoup un jour où le temps est instable. En l'occurrence les périodes de changement de saison (début de l'automne et du printemps) ne sont pas propices.
Image trouvée ici.

dimanche 23 septembre 2012

Les nords meilleurs que le sud


Repas bien arrosé ce week-end! On commence avec un Chablis 2007 de Dauvissat. Un vin qui s'exprime déjà bien, de la tension et une jolie finale expressive. L'acidité du millésime est encore bien présente mais encore un peu de garde devrait l'amadouer. Ensuite on choisit de changer violemment de style mais sur le même millésime: Quartz 2007 de Courtois. Bien que l'oxydation ménagée fasse ici partie de l'aromatique du vin, la tension et la minéralité du vin sont proches de celles du Chablis. En réalité la similitude des deux vins est assez troublante. On passe aux rouges et à table. La Véjade 2009 du domaine l'Anglore est choisie pour accompagner un sauté d'agneau et des pâtes. Le nez est vraiment magnifique, très riche, oriental. La bouche dans le même registre est belle mais en l'état un peu dominée par sa force; en particulier l'alcool me dérange en finale. La Véjade étant tout de même rapidement vidée on ouvre, histoire d'avoir un peu plus de fraîcheur, un Ploussard 2008 d'Overnoy. On a l'impression que le vin donne tout ce que peuvent donner ce terroir et ce millésime, c'est à dire beaucoup de plaisir. C'est pas très complexe mais pourtant plein de charmes, de gourmandise et d'un superbe équilibre.
 
 

mercredi 19 septembre 2012

Retour aux sources


Un truc vraiment super dans le vin, c'est la découverte! La découverte d'un nouveau vigneron, l'expression d'un cépage que l'on ne connaissait pas... On aime se laisser surprendre par des gouts nouveaux, on élargie sans cesse le périmètre englobant les vins qui nous font plaisir. Mais par ailleurs, parfois, on peut un peu se perdre. Le gout est quelque chose d'éminemment culturel et il est alors nécessaire de revenir aux bases. Que cela veut-il dire? Les bases pour moi ce sont les vins que l'on boit depuis longtemps, ceux qui font que maintenant on est passionnés. Ce sont les appellations historiques, celles qui traversent l'Histoire. Et là, cette semaine, peut-être à cause de la nostalgie générée par le changement saison, j'ai eu envie de ce retour aux bases .
J'ai bu un Chablis 2010 de Laurent Tribut, vigneron ayant un lien de parenté avec Dauvissat. Ce 2010 un peu mutin le premier jour ce révèle vraiment le lendemain avec un belle typicité dans un style tranchant, tonique et long! Un superbe village! En rouge j'ai eu envie d'une Pialade 2005; vin qui se goutait super bien au début de l'été (dégusté ici). C'est toujours aussi bon, avec un côté presque oriental dans le superbe nez, une texture délicate et une belle finale fruitée. Dans les deux vins il y a un peu de retenue et pas mal de précision; j'aime cela!



jeudi 13 septembre 2012

Grande appellation "conventionnelle"


Côte-Rôtie 2008 cuvée "Terroir" de René Rostaing: La Côte-Rôtie n'est ni plus ni moins qu'une des appellations françaises les plus prestigieuses. Des coteaux surplombant le Rhône au-dessus d'Ampuis vraiment impressionnants. Ce terroir exceptionnel offre à la syrah, cépage d'une grande noblesse, une de ses plus belles expressions où la finesse et la longueur sont les maîtres mots. Pourtant cette appellation a failli disparaître après guerre lorsque les abricots rapportaient plus que la vigne, si difficile à travailler sur ce territoire abrupte. Mais un vigneron, Guigal, avec le parti pris de faire des élevages très long en bois neuf permettant d'obtenir des vins d'une richesse et d'une longueur impressionnante sur des parcelles extraordinaires (La Landonne, La Mouline puis plus tard la Turque), a remis les vins de Côte-Rôtie sur la table des amateurs les plus exigeants du monde entier. Parker, sur les millésimes les plus solaires, met régulièrement la note de 100/100 aux grandes cuvées de Guigal. Cette nouvelle dynamique a évidemment profitée à tous les vignerons du coin qui vendent de plus en plus facilement des vins de plus en plus chers! Si tous ne suivent pas le modèle de Guigal dans la démarche en cave, il est toutefois difficile de trouver des belles Côte-Rôtie exprimant un fruit libre sans boisé. René Rostaing est à ce titre considéré comme un sage; un de ceux dont les vins expriment le mieux leur terroir, sans maquillage. Pour avoir souvent rendu visite à ce vigneron je sais que celui-ci ne se cache pas d'utiliser du bois neuf, mais avec parcimonie. De même, afin de garder la pureté aromatique le soufre est systématiquement utilisé (alors que d'autres pensent exactement le contraire...). René Rostaing est donc, dans un certain sans, un vigneron conventionnel.

Cette Côte-Rôtie 2008, issue d'un millésime quasi-catastrophique est le résultat d'une vraie prouesse de la part du vigneron. Elle offre en effet une matière fine mais longue et sans creux. A table le vin accompagne très bien une entrecôte. L'appellation est bien représentée avec des notes de violette, de zan, de petits fruits rouges mais reconnaissons que malheureusement, en particulier au nez, le bois est loin d'être discret. Au final, même si le plaisir est présent, ce vin offre le profil du vin qui coute cher; il faut le servir à quelqu'un à qui l'on veut faire penser que sa présence nous honore ;-)

Il est toujours difficile de juger un vin; je n'arrive pas à savoir par exemple si j'aime ce vin ou pas. Son comportement à table me plait; en dégustation pure le bois me dérange beaucoup. Le seul critère objectif que je connaisse est la vitesse à laquelle la bouteille se vide. Là, force est de constater que cette vitesse est plutôt faible (bouteille toujours pas finie après deux repas). Dans un même registre, la semaine dernière avec ma femme nous nous sommes "disputé" le dernier verre du Saint Joseph moins "conventionnel" de Souhaut...
 
Présentation très classe à tous les niveaux pour ce beau vin.
 
 

jeudi 6 septembre 2012

Un bourgogne s'est caché dans mon jura!

Côte de Jura 2008 cuvée "Julien" du domaine Ganevat: Voilà un vin 100% pinot noir sur un millésime frais, qui plus est dans une région qui n'est pas vraiment connue pour être tempérée. Dés l'ouverture ça pinote et l'on a une jolie bouche acidulé et bien fruité. Même si la longueur est modeste, à table c'est très agréable. A servir à l'aveugle: celui qui trouve Jura est vraiment très fort. Notez que cette dernière caractéristique n'est pas forcément une qualité pour un vin du Jura; mais là pour le coup c'est très bon.

Voilà une robe bien appétissante!

dimanche 2 septembre 2012

Olivier Cousin est un vigneron dont on a beaucoup entendu parlé ces derniers temps à cause d'un problème qu'il a eu avec la répression des fraudes. En effet il place sa production en "vin de table" ce qui ne l'autorise pas à faire figurer ni le millésime, ni la provenance (l'Anjou en l'occurrence). Je ne sais pas où en est cette histoire, mais ayant trouvé ses vins chez un caviste j'ai eu envie de gouter. Et bien m'en a pris. Il y a quelques semaines un gamay m'avait déjà régalé, mais là le Grolleau 2011 me laisse pantois! Il y a du vin là dedans! C'est riche, déjà assez complexe bien que très jeune, ça se boit trop vite, c'est vraiment excellent.


samedi 1 septembre 2012

Patrimonio et Morgon

Un petit repas familiale? Voilà encore une bonne raison de boire de jolis vins... ;-) Afin de le gouter à tête reposée, je choisis pour l'apéro et l'entrée un Patrimonio blanc "Les Hauts de Carco" 2011 d'Arena. Je retrouve bien les mêmes sensations que lorsque je l'ai dégusté au domaine cet été: de la richesse, de la tenue et un belle longueur mais avec encore plus de classe cette fois-ci. Pour le poulet rôtis je joue sur du velours avec un Morgon 2010 de Jean-Paul Thévenet: un bel équilibre en bouche allant plutôt vers la gourmandise mais pas sans une petite retenue qui apporte une forme de délicatesse. Il manque toutefois un peu d'intensité en passant après le blanc.

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