mercredi 28 mars 2012

Plein Sud de Ganevat


Cuvée Plein Sud 2009 du domaine Ganevat: Ce vin est fait à partir du cépage Trousseau; cépage qui au même titre que le Poulsard (ou Ploussard à Pupillin), ne se trouve que dans le jura. Si les vins issus de Poulsard sont particulièrement légers, le Trousseau offre des vins plus consensuels avec une certaine mâche et une belle robe soutenue. A l'ouverture le nez est très intense et superbe de pureté sur la groseille, la grenade. La bouche est délicate et gourmande tonifiée par une pointe végétale type queue de cerise et un petit côté cendré en finale. Si en dégustation pure on se régale, avec un poulet rôti l'harmonie du vin est un peu perturbé; c'est un peu dommage.

Un vin aussi beau que bon.

dimanche 25 mars 2012

Encore une belle étiquette


Ploussard 2009 de la Maison Overnoy: Et oui encore un vin qu'il est tellement difficile de trouver qu'on le place dans la catégorie "des belles étiquettes". Dés l'ouverture le nez est fascinant: très nature mais avec une finesse et une complexité lui donnant une dimension vraiment unique. Il y a un côté grand bourgogne! La bouche est très mure, puissante, à l'équilibre perfectible et avec un petit manque de fraîcheur. Sans doute à attendre. En l'état la bouche laisse clairement sur sa faim; mais au moins ce vin n'est pas quelconque!

Robe trouble mais très appétissante, nez grandiose, bouche... :-(


Chanudet, Overnoy et Allemand!


Repas avec un ami très porté sur les vins natures; plus c'est bizarre, plus ça lui plait. Si j'essaie de lui faire plaisir quand il vient manger à la maison, il n'en reste pas moins que je constitue ma cave en fonction de mes gouts qui sont orientés vers des vins plus "maitrisés".

Pour l'apéro, avec un très bon pâté ardéchois je choisis un Morgon 2008 de Chamonard. Le vin n'est pas en forme; entre deux phases. Le côté dentelle qui je lui trouve d'habitude n'est pas présent. C'est toutefois un agréable compagnon; mais je sais qu'il peut donner bien plus.

Ensuite pour accompagner des feuilletés au ris de veau et morilles, j'ouvre un Savagnin 2005 de la maison Overnoy: un vin qui recueille tous les suffrages. Vraiment impressionnant de complexité, de puissance et d'équilibre. L'accord avec le plat est parfait!!! Le seul blanc de la soirée, mais sans doute le vin qui nous aura le plus réjoui.

Finalement sur la côte de bœuf un Cornas 2002 du domaine Allemand: Le nez est puissant et sauvage sur des notes de brulé, de viande grillée, de zan sur un fond floral (rose). La bouche est riche avec un beau fruit (toutefois pas aussi bien défini que sur d'autres millésimes). Le vin finit droit et long. L'acidité importante, mais bien intégrée, et les tanins un peu rugueux en font clairement un vin de table: superbe sur la côte de bœuf. Le vin a atteint une maturité très cornassienne.




mardi 20 mars 2012

Je ne suis qu'un buveur d'étiquette


J'assume être parfois un buveur d'étiquette; le domaine qui nous fait rêver, qui s'inscrit même parfois dans une forme de mythe. J'avoue ressentir une forme d'excitation chaque fois que j'ouvre par exemple un Rayas ou un Hermitage de Chave. On peut certes y perdre une part de son objectivité mais cela est également une source de plaisir. D'ailleurs on sait bien qu'au delà d'une certaine somme, en toute objectivité, nous n'en auront pas pour notre argent. Plus de 40euros dans un aligoté?! c'est envisageable s'il vient de chez Auvenay. Plus de 30euros dans un Poulsard? s'il vient de chez Overnoy, pourquoi pas de temps en temps. Et parce que ces bouteilles sont chères et souvent difficile à trouver, le vin , à défaut d'être toujours bon, se doit au moins de ne pas être quelconque. En cas contraire la déception peut alors être surdimensionnée.

Voilà, j'ai mis une somme non raisonnable dans un Ladoix, même pas un premier cru, non non un simple village; a priori issu de la parcelle Le Clou. Les bouteilles ont été livrées il y a 4 jours. Normalement j'attends au moins une bonne semaine avant d'ouvrir; mais là non! J'étais trop impatient de vérifier à quel point j'avais exagéré en achetant ce vin. J'ouvre donc ce Ladoix 2010 du domaine Prieuré-Roch pour une grande occasion: un lundi soir avec ma femme.

A l'ouverture le nez est plutôt fermé, seul quelques effluves de bois me parviennent. En revanche la bouche me surprend par son volume et la puissance de ses tanins. Avec un peu d'aération (en carafe) le fruit finit par submerger le bois et le vin se met en place avec un équilibre très frais malgré une belle richesse; la finale est expressive et délicate. Ma femme qui le goute à ce moment me dit "Ah!  Celui-là est vraiment bon!". Elle va même jusqu'à sous-entendre qu'il ne doit pas être donné! A table c'est un vrai bonheur. Mais nous sommes en semaine, on travaille le lendemain et l'on se force pour ne pas finir la bouteille (ni la pintade; comme cela il y a des restes pour le lendemain).

dimanche 18 mars 2012

Vive les terrines...


Beaujolais 2010, Yvon Métras. Je ne bois pas souvent de vins de Métras. Je les trouve trop chers. Mais bon de temps en temps je me laisse tenter. Par exemple un Fleurie 2008 dans un restaurant il y a quelques semaines: on aurait dit un Chambolle! Là ce simple Beaujolais est dans un premier temps surprenant: peu d'acidité, très mur (presque un peu doux), mais en même temps de corps léger. On sort la terrine ardéchoise, le saucissons et la tome (ces deux derniers venants de Corse). On bascule alors dans un autre monde! La question est, comment s'arrêter? comment ne pas finir la bouteille? Notre seule angoisse: là c'est certain, je vais passer pour un alcoolo!
Les notes sauvages et pures du vin se marient si bien à ses mets. Malgré la faible acidité la bouche reste fraiche, tenue par le fruit et une petite amertume. Bon, finalement c'est pas si cher que ça... ;-) Mince y en a plus chez les cavistes! :-(



Un "grand" vin méridional

Traverse 2010 du Domaine de l'Anglore. Avec Eric Pfifferling nous sommes de mon point de vue dans une des plus belles expressions des vins du Rhône Sud. Ceci s'applique en tout cas aux cuvées Végades et Traverses. En revanche, je ne comprends pas l'émulation que provoque le Tavel; le meilleur rosé du monde pour certains!?  Moi je préfère vraiment les rouges, beaucoup plus fins. Par exemple ces Traverses à l'aromatique très délicate, assez complexe sur des notes florales, de violette en particulier, de fruits rouges, de réglisses, de miel brun, de menthe poivrée... La bouche est fraiche, avec une matière très fine mais assez dense. La finale s'harmonise avec un peu d'aération. Aucune lourdeur et pourtant un vin clairement méridional; magnifique! Un vin bu sur sa jeunesse; je serais toutefois curieux de voir ce que cela donne avec un peu d'évolution. J'essaie d'en garder, pas facile...




jeudi 15 mars 2012

Difficile de faire plus différent


Deux beaux vins bu lors d'un apéro. Un concours de circonstances fait que l'on commence par le Gewuztraminer Hengst 2004 de Zind-Humbrecht (16°!) en 37,5cl. Le nez est magnifique, complexe, riche mais sans ostentation. La bouche est sèche, serrée, tenue par une puissante amertume, de belle longueur. Un beau vin très classe. On ouvre ensuite un Quartz 2008 de Courtois ("seulement" 12°). Le vin souffre un peu derrière l'alsace; un peu court malgré une forte présence minérale. Toutefois en s'aérant et en se réchauffant le plaisir est bien présent; mais je l'ai déjà bu plus ouvert. Il aurait évidemment fallu boire les vins dans l'ordre inverse mais l'humeur n'était pas à la prise de tête.

Ce soir l'alcool du Hengst était parfaitement intégrée contrairement à ce que certains ont put expérimenter comme ici. Le Quartz offre la fantastique aptitude de bien accompagner presque tous les plats qu'on lui propose.


La Belle Toscane

Montevertine 2006 bu sur un ragout d'agneau et tagliatelles. Grand domaine classique de la Toscane, Montevertine n'utilise pas les cépages bordelais et met particulièrement l'accent sur le Sangiovese (avec un peu de Canaiolo et de Colorino dans ce cas). Nous ne sommes pas dans le monde des super-toscan; il y ici une recherche de juste maturité (12,5° en l'occurrence) et d'équilibre subtile. Ce vin s'est montré très classe, gourmand et fin, plus en longueur qu'en largeur. L'aromatique nous fait voyager avec des notes d'amande, d'épices sur un fond de fruits rouges confis. C'est un vin finalement assez consensuel qui en fait une belle bouteille familiale.

Chez Montevertine la présentation est à l'image de la dégustation: sobre et élégante.




dimanche 11 mars 2012

Un petit moment d'évasion


J'habite Marseille, ville dont le port fut jadis bouché par une sardine, la ville de Raimu (ce dernier était en réalité toulonnais), la ville de l'OM (pas facile pour eux en ce moment), sans doute une des villes qui compte le plus de chômeurs et de personnels syndiqués; ce qui n'empêche pas la droite de gagner les élections. C'est également la ville préférée des journalistes qui s'intéressent à la délinquance. C'est une ville qui ne laisse pas indifférent, que l'on défend parfois bec et ongle, et qui est souvent agaçante. Mais ce que l'on sait moins est que Marseille est également la ville de la baguette bien blanche! En effet une proportion étonnante de marseillais aime la baguette bien blanche, limite molle. Celle qui ne fait pas mal au gencives, avec un petit gout sucré et qui finit pâteuse dans la bouche. Les marseillais auraient-ils des problèmes de dents? L'air sec de la région aurait-il tendance à rendre non comestible un pain correctement cuit? Ou bien y a-t-il une proportion plus élevée qu'ailleurs de personnes n'ayant pas dépassé le stade anal de la gastronomie? Si j'en juge par le nombre infinitésimal d'épiceries fines dans la ville, la dernière hypothèse n'est pas à négliger.

Heureusement infinitésimal ne signifie pas nul. Je pense en particulier à un fromager, rue Saint Michel proche de la place Jean Jaurès (dite la Plaine). Il est objectivement difficile de trouver, même dans d'autres villes, des fromages mieux affinés et aussi bien sélectionnés. Parfois, lors d'un petit coup de blues je vais m'y acheter un morceau de comté (plus ou moins affinés en fonction de l'air du temps) et j'ouvre une bouteille d'Overnoy-Houillon. Avec un bon pain, bien cuit s'il vous plait, je m'évade alors du côté d'Arbois, de Pupillin et de Poligny, là où les gens aiment tellement manger.

Le Chardonnay 2008 d'Overnoy-Houillon ouvert ce week-end s'est montré sous un très beau jour. Le nez bien ouvert était sur des senteurs fumées, minérales et florales. La bouche était pure comme de l'eau de roche tout un étant assez puissante et longue; magnifique!! J'aimerais un jour gouter le pain confectionné par Pierre Overnoy, sa nouvelle passion.


vendredi 9 mars 2012

Clos du Tue Boeuf aux Buvards


Passage à Marseille d'un ami hier soir; nous décidons de manger aux Buvards dans le quartier du Panier, prés du Vieux Port. Cette "cave à manger" offre un très large choix de vins dits natures. Pour accompagner des os à moelle, des cœurs de canard et des pieds de cochon grillés nous choisissons un vin septentrional pas trop compliqué qui vat nous rincer la bouche de ces plats... riches!

Image trouvée ici

Fred, le patron, nous carafe donc un Cheverny "La Caillère" 2010 du Clos du Tue Boeuf. C'est un 100% pinot noir, même si à l'aveugle un gamay aurait été largement envisageable. Mais pour le coup, contrairement au pinots bourguignons qui sont facilement perturbés par des plats un peu rustiques, ce vin se montre à la hauteur de nos attentes. Beaucoup de délicatesse et poutrant il accompagne sans faiblir tous nos plats! Vraiment un très beau vin.

Les frères Puzelat ont vraiment fait de superbes 2010, et les 2011 dégustés il y a quelques semaines laissent envisager de nouveaux moments de plaisir!


mardi 6 mars 2012

Kermit Lynch ou un plaidoyer pour le bon vin



Cette semaine j'ai lu un super livre dont le vin et les vignerons sont le sujet principal: "Mes aventures sur la route du vin" de Kermit Lynch. L'auteur est un important importateur de vin en Californie. Il nous fait part dans ce livre, via un tour de France des vignobles, de son amour pour le vin d'auteur. Il vient en France la première fois dans les années 70. Il a donc vécu en partie la disparition des vignerons travaillant alors de façon traditionnelle et le plus naturellement possible. Dans ces années, période d'exode rural, un vigneron comme Charles Joguet (vigneron mythique de Chinon) avait de très grosses difficultés financières car le prix du vin était trop bas. Quand on voit maintenant comment s'arrache ses bouteilles en vente aux enchères! Il était alors très tentant, plutôt que de laisser les levures indigènes faire leur travail pendant des semaines, d'utiliser des levures chimiques offrant un résultat certain. Il en va de même pour les élevages courts en cuves inox. Garder trop longtemps le vin dans du bois était un luxe (et un risque) que peu pouvait ou voulait prendre. Idem pour le souffre et la filtration: pourquoi prendre le risque d'avoir un vin déviant?

Ce que l'on observe actuellement, à savoir un retour à des vins authentiques, est possible grâce à l'augmentation du prix du vin. En effet le travail mécanique des sols sans utilisation de chimie a un coup. De même pour les prises de risque au chai. Par ailleurs la technologie et les connaissances fondamentales en biochimie permettent de mieux contrôler ces risques. On peut donc espérer qu'un retour généralisé à des vins francs et loyaux est possible. Mais pour cela il est important que les buveurs arrêtent de boire ces vins sans âme qui encombrent encore les rayons (des supermarchés et encore de beaucoup de cavistes). Or une seule dégustation peut parfois ouvrir de nouveaux horizons à un buveur, surtout si ce dernier est non-averti, c'est à dire sans a priori. Faites boire du bon vin à vos amis, pas des grandes bouteilles qu'ils n'achèterons jamais, mais de vrais vins qu'ils ne pourront se procurer que chez les gens qui travaillent bien.

dimanche 4 mars 2012

La qualité paie


Un ami en me parlant de Thomas Pico, nouveau vigneron bio à la mode à Chablis, me disait qu'à son avis il serait sans doute bientôt difficile de lui acheter du vin. Ce ne serait pas le premier; en effet essayez d'acheter directement au domaine des vins de Ganevat (Jura), Métras (Beaujolais), Barral (Languedoc)... Et qu'on en commun tous ces vignerons? Une immense passion pour ce qu'ils fond et une envie de tirer le maximum de ce qu'ils ont.
En cette semaine de salon de l'agriculture, nous avons eu l'occasion d'entendre nos politiques donner leurs points de vue sur ce sujet. J'ai en particulier entendu le président dire que l'agriculture en France n'était pas seulement une question de terroir et de folklore, mais était surtout une industrie dont l'influence sur la balance commerciale française était positive.
Il est tout de même extraordinaire qu'il soit impossible en France que les gouvernants reconnaissent qu'une des plus grande richesse de la France est son terroir et en particulier son savoir faire dans la qualité. Pourquoi faudrait-il subventionner la malbouffe alors que les agriculteurs qui travaillent avec passion dans le respect de la tradition doivent refuser des clients. Au même titre que ce que l'on préconise pour l'industrie, le salut de notre agriculture ne serait-il pas dans la grande qualité? En association avec des artisans de qualité, cela pourrait faire très mal!!
Mais pour cela une volonté politique au niveau national me semble indispensable.
Sinon j'ai dégusté un Chablis 2009 de Pico: bien qu'un peu fermé arômatiquement, la bouche est puissant et très tendue avec une longue finale.

vendredi 2 mars 2012

Dauvissat et Lignier au Relais Louis XIII


Cette semaine petit passage à la capitale où j'ai eu la chance d'être invité à déjeuner au Relais Louis XIII. On y mange une cuisine gastronomique française classique très bien effectuée où les produits sont à l'honneur. Par ailleurs la carte des vins donnent la possibilité de boire bon sans pour autant se ruiner (même si cette dernière option est également envisageable ;-)). Par exemple nous avons bu un Chablis 2008 de Dauvissat (55euros) et un Bourgogne Pinot Noir 2009 d'Hubert Lignier (50euros).

J'aime beaucoup 2008 à Chablis; les vins sont tout en élégance avec des arômes ultra typés. Ce vin, même s'il était un peu timide, nous a fait vraiment plaisir en s'accordant parfaitement aux entrées (homard et daurade).

Il est rare de boire des vins d'Hubert Lignier et comme cela était la bouteille la moins cher des bourgognes rouges, je n'ai pas hésité bien longtemps. Même si à l'ouverture le nez est légèrement emprunt de bois, rapidement cela pinote fort. La bouche est très gourmande et pour l'appellation offre une très belle densité. Un vrai coup de cœur pour la tablée.

Notez qu'à trois gourmands, ces deux bouteilles n'ont pas fait long feu.


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