lundi 28 mai 2012


Il y a des jours, comme ça, où tous les vins goutent bien. Temps calme, un peu humide, chaud mais pas trop, vent faible... et dès l'ouverture de la bouteille, le nez au goulot, on comprend que c'est top! Cela tombait bien puisque nous recevions nos amis Nadine et Rémy; ce dernier étant amateur de vins; les deux étant très gourmets.
Pour l'apéro, afin d'accompagner tome corse et saucisson corse, j'ouvre un Beaujolais 2011 de Métras. Ce vin semble tiré directement de la cuve. C'est assez riche, gourmand, délicat, pas très acide, un peu court, mais vraiment agréable.
Une fois les papilles bien réveillées on passe à table avec des ravioles aux langoustines. Un Aligoté 2007 d'Auvenay a été choisi. Ce vin m'a été livré il n'y a pas longtemps; de ce domaine mythique c'est la seule cuvée que je peux à présent me permettre d'acheter. Le vin est vraiment impressionnant; Rémy le goutant à l'aveugle, et sachant que j'ai du Auvenay en cave, me propose un Meursault de ce même domaine! Le nez est très ouvert sur de subtiles et complexes notes grillées et florales. La bouche est très fraiche, riche et longue. La finale est très savoureuse sur les mêmes arômes que ceux du nez. L'accord avec le plat est excellent et le plaisir intense. Un bourgogne blanc d'exception, hallucinant pour un aligoté. Vaut largement son prix, pourtant prohibitif...
Finalement pour accompagner une épaule d'agneau avec des aubergines confites et des pommes de terres au four, un des trésors de ma cave: Chateauneuf du Pape, Réserve des Célestins 2000 du domaine Bonneau. Rémy au premier coup de nez reconnait l'appellation. En plus d'être typique, le nez est très complexe et assez jouissif. La bouche est magistrale: très fine, très profonde, d'un équilibre absolu. La finale est grandiose de subtilité de puissance et de longueur. Un Chateaunef du Pape énorme avec tout le côté jouissif du vin méridional et toute la classe du grand vin fin. En plus, l'accord avec le plat est... parfait!
Un magnifique crescendo.



samedi 26 mai 2012

Ardèche 2010

Deux vins ardéchois sur le millésime 2010 cette semaine. Pour commencer, à la maison, un Petit Merle Ardéchois d'Hervés Souhaut. Un vin original car 100% merlot dans une région où ce cépage est rare. Une petite déception pour moi; le côté merlot, très rond, assez tannique et finalement pas très long en bouche l'emporte sur le style délicat que l'on retrouve habituellement avec ce domaine; peut-être une mauvaise passe? Une autre bouteille, cette fois-ci au restaurant, Babiole d'Andrea Calek. Un vin riche, méridional, la macération carbonique apportant une certaine fraicheur et légèreté lui permettant d'être digeste malgré ses 13,5°. Un peu technique mais bien sympa à table.

Merlot ardéchois.


Andrea Calek et une bouteille de Babiole.

mardi 22 mai 2012

Un vin pour ceux qui se laissent aller


Cheverny rouge "Rouillon" 2010 du Clos du Tue Bœuf: Ce vin est un assemblage de gamay et de pinot noir; de toutes les façons j'ai beaucoup de mal à reconnaître les cépages dans les vins des frères Puzelat. En ce moment il ne fait pas très beau mais plutôt bon. J'avais envie de boire quelque chose de rafraichissant et fruité mais avec une pointe terreuse, me rappelant un peu l'odeur de terre humide. Banco avec ce vin qui m'a beaucoup donné en accompagnant à merveille un poulet grillé avec des haricots verts et des pommes de terres nouvelles. Décidemment j'ai rarement été déçu par les vins de ce domaine; peut-être parce que j'aime bien l'état d'esprit des vignerons (voir ici une vidéo qui éclairera le titre de mon message).
Thierry Puzelat dans sa cave; photo trouvée ici.

mercredi 16 mai 2012

L'or de la Méditerranée


Si tous les gourmands savent que chaque vin a un gout qui lui est propre, la plupart des gens considèrent que l'huile d'olive a le gout de l'huile d'olive, point barre! Ils savent que certaines sont meilleurs que d'autres mais la variété de gout n'est pas quelques choses de forcément recherchée. C'est bien dommage car en réalité chaque huile d'olive a son propre caractère. Il y a évidemment le type d'olive, mais il y a également le choix de cueillir plus ou moins mure. Sans parler de la technique d'extraction, de la filtration et même éventuellement de la fermentation.

Personnellement j'aime beaucoup gouter différentes huile d'olive (à la petite cuillère!); on juge comme cela la texture, l'ardence, la gamme aromatique (de l'herbe fraichement coupée au boisé). Mais c'est évidemment à table qu'une huile d'olive se juge véritablement.

Je souhaite ici vous présenter deux huiles que j'ai testée et approuvée. Ce sont deux huiles issues d'olives cueillies mures; donc pas de fruité-vert ici, mais plutôt des arômes de fruits rouges, d'amande, de sous-bois (mais sans les champignons!).

Le première est une huile provençale bio faite par Pierre Bronner dont ce n'est pas l'activité principale. Cette huile est d'une grande polyvalence car sa puissance lui permet de ne pas être étouffée par les aliments, même les plus envahissants. Elle accompagne autant le poisson que les pommes de terres et quelques goutes subliment un fromage de chèvre . Elle est superbe avec des tomates, du poivre et du sel, mais également en mayonnaise. Ses arômes fruités délicats et sa rondeur nous régale.

La seconde est une huile un peu plus difficile, moins évidente. C'est une huile corse faite par les Popoff issue d'olive très mures et extraite très délicatement. Certains arbres sont plus que millénaires. C'est une huile faite avec une immense passion mais dont la douceur la réserve à une utilisation particulière: sur un écrasé de pomme de terre elle est sublimée par la simplicité de la préparation! On en fait aussi des mayonnaises très originale et d'une délicatesse incroyable; alors que des huiles plus vertes font des mayonnaise trop fortes, presque immangeable.

Solange et Pierre BRONNER, 437 Ch. des Grindanes Quartier les Mieilles, 13122 VENTABREN
Tél : 04 42 28 86 71, Courriel: bronner.pierre@orange.fr



Photo trouvée ici
Hélène et Ivan POPOFF , Couvent Saint-Joseph, 20246 Santo Pietro di Tenda
Tél : 04 95 37 72 57, Courriel : i.popoff@wanadoo.fr

lundi 14 mai 2012

Barral: Languedoc et Biodynamie


Faugères 2006 du domaine Barral: Bue à l'occasion d'un repas familiale avec une daube de sanglier bien gouteuse, la cuvée de base du domaine a encore une fois fait mouche: un vrai vin méridional charpenté aux aromes de fruits noirs, de maquis et de sang. L'ensemble montre toutefois beaucoup de subtilité et finalement pas mal d'élégance. L'accord avec le plat est parfait!

Photo trouvée ici.
Ce vigneron, très attaché à la biodynamie, offre une des vision les plus fines et en même temps authentique des vins du Languedoc.

lundi 7 mai 2012

Soirée électorale bien arrosée


Hier soir, dimanche 6 mai 2012, chez Rémy un ami amateur de vin, nous nous réunissons dans l'espoir de fêter le changement de notre président de la république. Pour l'occasion j'avais acheté une belle bouteille de Champagne, breuvage que je ne consomme que très rarement car offrant généralement un rapport qualité-prix déplorable. Il s'agit d'un Jacquesson Grand Cru Avize 2000: dés 20h la bouteille est ouverte puis le breuvage immédiatement bu. Même si le moment n'est pas à l'analyse détaillée je retiens tout de même un nez complexe sur des notes de pain et un côté calcaire. La bouche est impressionnante: grasse, très fraiche, la bulle ultra fine ne générant qu'une légère effervescence très douce en bouche. Un champagne qui m'a semblé exceptionnel!


Rémy et Nadine, qui pour le moins savent recevoir, nous avaient préparé des sushis. Pour les accompagner Rémy avait ouvert rien de moins qu'un Chablis Grand Cru Blanchot 2004 du domaine Raveneau. Magnifique Chablis offrant des notes de fruits (presque rouges!) et déjà les très subtiles arômes marins propres à son terroir. En bouche la densité est remarquable avec un beau gras mais une superbe allonge très minérale. Grand vin de plaisir et de classe!


L'ambiance étant bonne et l'estomac pas tout à fait plein, des pizzas sont finalement commandées. Se pose alors une épineuse question... que boire avec des pizzas et qui pourrait passer après ces deux vins exceptionnels. Une Traverse 2010 de l'Anglore est désignée. Non seulement avec sa fraicheur et sa pureté ce rouge passe très bien après les deux blancs, mais il est suffisamment riche pour bien accompagner les pizzas! Impressionnant!!


dimanche 6 mai 2012

Souvenirs et retour à la vie normale


Ce repas à El Celler de Can Rocca (adresse) reste un magnifique souvenir qui rend le retour à la maison plus facile. Je rajoute quelques photos supplémentaires dont une prise lors de la visite de la cuisine (après l'apéro pris au jardin et avant d'aller à table). Je note par ailleurs que ce restaurant est classé second meilleur restaurant du monde (classement). Il faut absolument que j'étoffe mon expérience afin de me faire ma propre opinion concernant ce classement ;-) Mes 41ans au Danemark!!
Blague à part, nous voilà à présent à la maison et il n'est pas question de se laissé aller; la délicate gourmandise d'un superbe Morgon 2010 de Chamonard nous remet le sourire. Allez, va, on n'est pas si mal à la maison ;-)


La préparation des viandes.

Rouget cuit à basse température servi dans un bouillon aux accents marseillais.

La Flower-Bomb: une explosion de saveurs dans une texture ultra-légère.

vendredi 4 mai 2012

Sublime repas au Celler de can Rocca


Voyage en Espagne - Partie 3: Je préfère commencer par la conclusion, histoire de ne pas tourner autour du pot: j'ai vécu dans ce lieu le meilleur repas de ma vie! Tout est ici recherche, subtilité, équilibre, perfectionnisme, élégance, les pieds en méditerranée et l'inspiration mondiale. Vu la quantité de travail incroyable qu'a nécessité notre menu j'ose affirmer que 160euros est un bon prix. Sur les 14 plats seuls deux nous ont semblés seulement très bon. Les autres étaient tout simplement hors-norme. Je ne parle même pas des amuses bouches hallucinants de subtilité.
Et la carte des vins, devrais-je plutôt dire les cartes (rouge, blanc et liqueurs)... Un choix incroyable avec quelques très belles références à prix doux. J'ai choisi des valeurs sûres, un Petit Chablis 2007 de Dauvissat (35euros) et le Clos Rougeard 2006 (46euros). Le Petit Chablis a été sensationnel, très salin, typique, léger mais très subtile; il s'est très bien accordé avec la plupart des plats de poisson. Le Saumur-Champigny a montré dés l'ouverture un nez sensationnel, complexe, chaleureux, assez bourguignon. S'il n'a pas été aussi polyvalent que le blanc en ce qui concerne les accords, il a été magnifique avec l'agneau (mon dieu, cet agneau...) et le pigeon. Mais vu la subtilité des plats j'aurais carrément dû choisir un vin très léger, un vin d'infusion.

La salade verte...

Pointes d'asperges blanches: ferme et fondantes en même temps.

Ici tout se mange.

Chacuns des éléments de cette assiette est indépendamment parfaitement assaisonés; sublime!

La peau croustillante d'agneau avec le ris d'agneau et les champignon de printemps. Sublime.

Le pigeon; le foie se cache au fond de l'assientte.

A bout de 4 heures à table; même pas fatigué!

A la fin du repas on nous donne un petit menu en français. Tout comme l'apéro offert, il y a des gestes qui font la différence.


Barcelona


Voyage en Espagne - Partie 2: Quelques jours à Barcelone, c'est toujours un plaisir. Les catalans sont tellement chaleureux, sympathiques et accueillants. On aime y manger des tapas à n'importe quelle heure de la journée. Toutes les spécialités de la mer à la plancha nous font saliver. Les marchés sont colorés à l'ambiance entrainante. Aucune des adresses que j'ai faites ne méritent réellement d'être citées ici, mais de façon générale, si on mange bien dans les endroits populaires les lieux plus chics sont vraiment très chers.
Une belle assiette de fruits de mer à la plancha dans un des nombreux resto de la Boqueria.


Visite au Clos du Rouge Gorge

Voyage en Espagne - Partie 1: Cette année je fête mes 40ans! Il fallait donc marquer le coup. On décide de passer quelques jours à Barcelone puis de manger à El CellerDe Can Rocca à Gérone en remontant vers le France le jour J. Mais avant c'est l'occasion de visiter Cyril Fhal du Clos du Rouge Gorge à Latour de France (prés de Perpignan). Cela fait déjà quelques temps que je bois des vins de Cyril (pas facile à trouver d'ailleurs) et je l'avais rencontré lors du salon Le Vin De Mes Amis (ici). Sa cuvée Veilles Vignes 2010 m'avait alors laissé le plus grand souvenir de ce salon.
Nous débarquons donc en fin de matinée après 3h de voiture mais en pleine forme. L'accueil est chaleureux et nous passons rapidement à la cave où nous dégusterons tous les 2011 en cours d'élevage. On commence pour un grenache blanc issu d'une vigne récemment récupérée et donc pas encore aux "normes" d'exigence du domaine (biodynamie en l'occurrence). C'est toutefois très bon avec une aromatique discrète et une bouche très saline. Avec le blanc issu de maccabeu on gagne clairement en richesse sans rien perdre en élégance; bien au contraire. Viennent ensuite les rouges avec le Jeunes Vignes qui sera très prochainement mis en bouteille. Tout est en place dans ce vin très gourmand, mais sans excès, avec une belle fraicheur qui ne cache pas le caractère méridional du breuvage. Derrière le Vieilles Vignes fait sérieux avec un nez un peu en retrait mais beaucoup de finesse et de concentration dans les tannins. Finalement la cuvée l'Ubac clôt la dégustation des 2011: une très grande harmonie et déjà beaucoup de plaisir dans ce vin issu d'une parcelle très pentue exposée plein nord. On finit avec le VV 2010 dont Cyril ouvre une bouteille; dés les première secondes le vin est en place dans le verre. Si les aromes sont d'une délicatesse vraiment impressionnante la bouche se montre sérieuse (grande densité tannique) mais d'un charme renversant. Quelle finesse dans ce vin, quelle classe. Je suis vraiment impatient de le boire à table avec peut-être une belle épaule d'agneau.

Cyril dans sa cave.


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