mardi 28 février 2012

Souteronne 2009 de Souhaut


Gamay de la vallée du Doux, rivière rejoignant le Rhône depuis l'Ardèche à Tournon. Nous avons donc ici un terroir granitique acide. Est-ce ceci qui marque à ce point ce superbe vin? En tout cas je n'y retrouve pas le gamay mais plutôt le Rhône Nord (pourtant très généralement issu de syrah). Comme toujours avec Souhaut il y a beaucoup de délicatesse mais la richesse du millésime rajoute un touché de taffetas plutôt qu'un supplément de puissance. Magnifique!


Chablis Vieilles Vignes 2010, Gilber Picq

Un domaine historique de l'appellation. Vin élevé en cuve ayant une grande capacité de garde (voir le n°89 de la revue Bourgogne Aujourd'hui). Ici c'est clairement trop jeune. On reconnait le vin de cuve dés le premier coup de nez; ça manque de finesse même si des senteurs rappellent son origine. Alors que je m'attendais à beaucoup de tension, la bouche se montre bien généreuse sur une finale plus large que longue. En l'état, le plaisir n'est pas au rendez-vous. Un vin de garde bu jeune :-(


NB: le 2008 bu au même age m'a laissé un souvenir bien plus positif.

dimanche 26 février 2012

Restaurant Alonso à Sorgues

Chaque fois que je vais me promener dans les alentours de Châteauneuf du Pape, je m'organise afin de déjeuner dans ce restaurant. En effet, la cuisine y est vraiment de qualité, généreuse dans les produits avec une réelle volonté de faire plaisir (la dernière fois, truffe à tous les étages :-)). L'accueil de madame est dans la même veine; on se sent bien dans cette belle salle. Et si cela n'était pas suffisant, la carte des vins finirait de nous convaincre. Une très large gamme de prix et rien de médiocre; orientée nature et/ou très haut de gamme.



04 90 39 11 02


samedi 25 février 2012

Morgon 2008 du domaine Chamonard

Vin bu à plusieurs reprises ces derniers mois. Un vin issu d'un grand terroir et d'un grand vigneron, mais d'un petit millésime. Nous sommes ici dans le monde de l'infusion, de la délicatesse. La robe nous met sur la voie, c'est léger. Le nez nous caresse de cerise, de grenade et de poivre blancs. La bouche, en parfaite continuité, nous ballade tranquillement jusqu'à ce que la bouteille soit finie, c'est à dire trop vite!

Marché au poisson du Vieux Port de Marseille


Alors que certains vont acheter au supermarché des dorades d'élevages (dites à chaire molle), d'autres,pour le même prix achètent des dorades non calibrées encore vivantes sur le Vieux Port. Mais il n'y a pas que la dorade, en fonction de la saison, il y a des bonites, des palamides, des maquereaux (parfois à 2euros!), des liches, des sardines,  des rougets, des sars, des loups, des pagres, des girelles, des rascasses... et des chapons (voir la photo). C'est également cela la diversité. Il est exact que les prix se font à la tête du client mais si l'on s'y connait c'est une grande chance que d'avoir cela à proximité. Et finalement il me semble important que la pêche locale puisse continuer à vivre.

Ici un chapon, une sorte de grosse rascasse et chaire très ferme au gout fin et persistant. Avec un Carco blanc d'Arena, je ne vous dis que ça!!



vendredi 24 février 2012


Côte du Rhône G 2008 du domaine de la grande colline. Un ami m'avait parlé d'une superbe expérience avec la cuvée Canon de ce vigneron japonais. J'étais donc impatient de gouter cela. Un pur grenache sur un terroir plutôt septentrional en 2008 (millésime pas très lumineux); je m'attendais à quelque chose de très frais. Or pas du tout. Si le nez restera grognon pendant toutes la soirée, la bouche se montre tendue, assez tannique mais bien enrobée dans l'alcool. J'ai toutefois une sensation finale sucrée sur des arômes confits qui rendent le vin plutôt ennuyeux et fatiguant.

jeudi 23 février 2012


Une Tranche Bien Grace: Vin de France 2011 issu du négoce de Philippe Jambon. D'après ce qu'on m'a dit les vignes sont sur Morgon. Un vin que je conseille à ceux qui doutent de la possibilité de faire de beaux vins sans soufre (dont il n'y a aucune trace dans cette bouteille). En effet je ne vois pas qui pourrait ne pas aimer ce vin! Une matière étoffée , un fruit très pur, de belles notes florale en final, le tout avec une superbe fraicheur!
Passage au salon Le Vin de mes Amis à proximité de Montpellier; un off de Vinisud orienté vin nature. Il est toujours très difficile de raconter un salon et de donner un avis sur tous les vins dégustés. A tout casser puis-je donner quelques impressions générales. Beaucoup de domaines arrivent à une forme de maturité. Ils ont les moyens de s'équiper, les vignes sont cultivées proprement depuis au moins une décennie, il y a eu beaucoup de réflexions et de remise en question. Tous cela permet aux vins de progresser dans la pureté, dans l'authenticité. Les macérations carboniques pur fruit sans expression de terroir ou de cépage sont en voix de disparition. Très peu de vins aux arômes douteux. Notons tout de même que ce salon offre une sélection vraiment pointue. Mais nul doute que la filière nature progresse à très grand pas et que le spectre d'amateurs susceptibles d'être convaincu s'élargit rapidement.

Meursault Perrières 2000 de Roulot: La vulgarité, on voit tous ce que c'est. Elle est souvent liée à une exhibition de la forme à défaut de fond. Ce fléau touche toute les classes sociales, toutes les cultures. Mais quel est le mot exactement opposé à la vulgarité? Délicatesse, subtilité, profondeur, discrétion... peut-être? mais pas tout à fait. Si l'on pouvait trouver ce mot il serait parfait pour qualifier ce Meursault.
Photo empruntée ici

Vin vieux ou vin jeune? Ce week-end j'ai eu la chance de boire deux superbes bouteilles. A ma gauche le Rouge 2010 (BGO, 100% pinot noir) du domaine Prieuré-Roch. A ma droite Beaucastel 1989 (Châteauneuf du Pape rouge, assemblage de 13 cépages). Tout les deux ont vaincus car ils ne combattaient pas sur le même ring. Dans les deux cas, une évidence de vin. Le 2010 nous caresse le cerveau avec sa pureté diabolique et son époustouflante fraicheur. Je l'ai même trouvé plutôt complexe, en tout cas subtil, et cela jusque dans la finale. Le 89 est un monument à la gloire des vins du sud. Si en dégustation pur il est plus impressionnant par sa longueur et son équilibre que purement jouissif, une fois à table avec un plat chasseur on est alors exactement là on l'on souhaitait être.
Présentation
Gourmand impénitent, les plaisirs de la table prennent une place importante dans ma vie. La finalité de ma démarche est clairement de m'éclater à table avec un vin et un plat qui se répondent pour se valoriser l'un l'autre. Si j'aime la cuisine simple reposant sur les produits de saison cela n'exclut en rien la subtilité; bien au contraire. Il en est de même pour le vin. J'aime les vins authentiques et déteste les vins fabriqués, même s'ils s'agit parfois de grands vins historiques. Le monde du vin est infini au sens où ils n'est pas statique et que chaque réponse implique de nouvelles questions. Dans ce contexte, au grès de nos découvertes et rencontres, nos envies, voir nos goûts évoluent sans cesse. Toutefois, en ce qui me concerne, cette évolution n'est pas totalement erratique et une direction semble se dessiner. Mon plaisir se love volontiers dans des saveurs pures et subtiles, sans puissance, pouvant paraître faciles car au final évidentes.

La contre partie est une grande exigence car cette évolution ne supporte pas la médiocrité. Il est clair que je ne prends aucun plaisir à boire un vin de garde boisé et bloqué par le soufre. Mais je ne prends pas plus de plaisir avec un vin nature pétant le fruit sans vergogne et offrant une finale courte aux saveurs incertaines. Or la plus part des amateurs éclairés, soit ne jurent que par les vins de gardes qui une fois buvables offrent des saveurs évolués, soit ne jurent que par les vins natures bus dans l'année sur des saveurs primaires. Les premiers considèrent que seul la garde permet au vin d'atteindre l'équilibre et des saveurs dignes d'intérêt. Les autres, largement minoritaires et donc volontiers dans le rôle des rebelles, sont prêt à pas mal de concessions pour retrouver le plaisir simple du vin. Si mon caractère rebelle me pousse volontiers dans le second clan je ne suis en revanche pas prêt aux concessions. Je suis éberlué de voir à quel point les amateurs de vins natures aiment tous les vins natures ou assimilés. Pour qu'un vin soit élu il faut, et il suffit, que ce dernier soit distribué dans un lieu dédié. Si les défauts d'un vin l'emportent largement sur ces qualités, c'est que l'on tombe mal ou que l'on n'a pas l'esprit assez large. Cela est la projection dans le monde nature de ce qui se passe avec les vins de gardes: si un vin réputé n'est pas bon c'est qu'il n'est pas prêt.

Or il existe des vins, souvent issus de la mouvance des vins libres, mais pas toujours, qui offrent à tous les gourmands, avertis ou pas, un grand plaisir. Que ce plaisir soit simple, discret, surprenant ou même complexe, c'est enfin le plaisir charnel de boire du vin, du bon vin. Il existe donc des vins qui sont bons, tous simplement. Avec ce blog je souhaite échanger autour de cette quête, celle du bon vin.

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